RE DRE ON
mis
ee Ts ee EN ANSE de er + hr ot nt ET PT er et ;
X'ANCAE 22 hi meme cnitpieréerimneee ts Te Seller aletenénige *,
LA GRANDE DEBACLE DE r930 103
hommes d’affaires en échange de produits que celui-ci lui fournit. C’est là, il nous semble, le cercle normal de Ja production, de l’échange et de la consommation. 4° Eh bien non! Malheureusement il n’en est pas ainsi, et voilà l’origine de nos maux. Il n’est pas vrai que ce que dépensent les hommes d’affaires, en tant que coût de la production, leur revienne forcément comme fruit de la vente de ce qu'ils produisent. C'est le trait caractéristique d'une vague de hausse que le produit de la vente dépasse considérablement le coût de production, c'est le trait caractéristique d’une crise que le coût de la
production dépasse les produits de la vente. De plus,
c'est une illusion que de s’imaginer que les hommes d’affaires peuvent forcément rétablir l’équilibre en réduisant leurs frais généraux, que ce soit en restreignant la production, ou en diminuant les salaires, car la réduction des frais, en réduisant le pouvoir d’achat de leurs employés et fournisseurs qui sont également leurs clients, réduit d'environ autant les produits de la vente.
5° Comment se peut-il donc que le coût total de la production des affaires dans le monde soit autre que le produit total de la vente? D'où vient l'inégalité? Je crois connaître la réponse. Mais elle est trop compliquée et a un caractère trop peu familier pour le public pour que je puisse la fournir ici d’une façon satisfaisante (j'ai tâché de le faire par ailleurs 1). Il faut donc me résigner à ne donner que quelques indications.
Prenons, tout d’abord, les articles de consommation qui sont à vendre sur le marché. De quoi dépendent les bénéfices ou les pertes du producteur sur de pareils articles? Le coût total de la production qui correspond au total de ce que gagne la collectivité, si on l’examine à un autre point de vue, se partage en deux parties dont l’une représente le coût de production d'articles de consommation, et l’autre le coût de la production d’articles de
ft, Dans mon Traité sur la Monnaie.
fabrication. Les revenus du public qui correspondent aussi au total de ce que gagne la collectivité se partagent aussi en une part qui sert à acquérir les articles de consommation et une part destinée à l'épargne. Or si la première part est plus considérable que la seconde, les producteurs d'articles de consommation perdront de l'argent; car le produit de leur vente qui équivaut aux dépenses du public pour ces produits de consommation sera moins élevé (comme l'indique la moindre réflexion) que ce que leur a coûté Îa production de ces articles. Si par contre, la seconde part est plus considérable que la première, alors les producteurs d'articles de consommation réaliseront des profits exceptionnels. Il s'ensuit que les bénéfices des producteurs d'articles de consommation ne peuvent se retrouver que si le public dépense une plus orande part de ses revenus pour de pareils articles (au détriment de l'épargne) ou si la production fait une plus large part aux articles de fabrication, ce qui restreint la production des articles de consommation.
Mais on ne fabriquera pas d'articles servant à l'équipement national sur une plus large échelle, à moins que les producteurs de ces articles ne fassent des bénéfices, Ce qui nous amène à notre seconde question. De quoi dépendent les bénéfices des producteurs d'articles de fabrication? Ils dépendent du public. Is dépendent de la préférence de celui-ci à garder ses économies sous une forme liquide (de l’argent ou des valeurs équivalentes) plutôt qu’à s’en servir pour acheter des articles de fabrication ou des produits analogues. Si le public boude, alors le producteur des articles d'exploitation perdra de l'argent; il fabriquera moins d'articles de fabrication, et il en résultera, pour les raisons exposées plus haut, également des pertes pour le producteur d'articles de consommation. En d’autres termes, foules les classes de producteurs perdront de l'argent et un chômage général se produira. À ce point, on aura parcouru un cercle vicieux et tant d'actions et de réactions auront
\ à SU ITS 0) MESSE EE DCE UE M PM EU DA | k Eve 4 : ra Mere ) : SN ARE f > « E oh L > 4 ETUI } Ê 124 \ N Ed . > t ' 2 (MA
Pr «
Me LL En md Ÿ
contribué à tout faire empirer jusqu'à ce qu'il se passe quelque chose qui amène un revirement!
C’est là un tableau par trop simpliste d'un phénomène des plus compliqués. Mais je crois qu'il contient l'essentiel de la vérité. On pourrait y superposer de nombreuses variations, de nombreuses fugues et des détails d’orchestration, mais c’est là le thème principal.
Si donc j'ai raison, la cause essentielle de la crise, c’est le manque de nouvelles entreprises qui s'explique par les conditions défavorables du marché pour le pla-
cement des capitaux. Etant donné que le commerce est .
international, une production insuffisante de nouveaux articles de fabrication sur le marché en général, affecte partout les prix des marchandises et par conséquent les bénéfices des producteurs de tous les pays.
Pourquoi y a-t-il dans l’ensemble insuffisance de production d'articles de fabrication sur le marché? Pour plusiéurs raisons qui s’enchevêtrent à mon avis. Tout d'abord, il faut s’en prendre à l'attitude des prèteurs — car l'argent prêté entre pour une large part dans la production des articles de fabrication. L’attitude des emprunteurs est en grande partie responsable de l’attitude des prêteurs.
Pour de nombreuses raisons, les prêteurs demandaient et demandent encore des conditions plus élevées pour leur argent que ne peuvent en offrir les nouvelles entreprises. Tout d’abord le fait qu'une entreprise pouvait verser des intérêts fort élevés pendant un certain temps après la guerre, alors qu'on réparait les dommages de guerre, à habitué les prêteurs à des intérêts beaucoup plus élevés que ceux d’avant-guerre. En second lieu, l'existence d'emprunts politiques destinés à remplir certaines obligations des traités, d’emprunts bancaires destinés à consolider des standards or récemment rétablis, d'emprunts de spéculations pour jouer à la hausse à la Bourse, et enfin d'emprunts de secours, pour couvrir les pertes résultant de Ia chute des prix, contractés pour
+ — + el
DRE e0l jy AS exo
ETS Fe Mr 2 -
Po 2 Aer FA LEE
avt: dessins = STE Pr Fee Lt à » L RE RTE = PRE CA
DL Ar EES
Te prés # re TES
ainsi dire à n'importe quel faux, a permis jusqu à présent aux prêteurs d'obtenir de la part de ces différentes classes d’emprunteurs des taux plus élevés que ceux que véritables entreprises nouvelles
peuvent supporter de en troisième lieu,
commerciales ou industrielles. Enfin, l’état d’instabilité qui règne dans le monde, et l'habitude des placements nationaux ont considérablement limité le nombre de pays où l’on puisse trouver de nombreux prêteurs disposés à consentir des prêts à des taux raisonnables. Une large partie du globe, pour une raison ou une autre, n’a plus la confiance des prêteurs, si bien qu'ils exigent de telles rémunérations pour couvrir leurs risques qu’elles étouffent toute possibilité nouvelle d'entreprise. Au cours des deux dernières années, deux des prineipales nations créditrices du monde, la France et les Etats-Unis, ont presque complètement retiré leur argent du marché international en matière d'emprunts à long terme. | Pendant ce temps l'attitude presque aussi réfractaire des emprunteurs est venue aggTaver celle des prêteurs. Cat la chute des prix a été désastreuse pour ceux qui ont emprunté, et quiconque a différé de nouveaux travaux, à gagné à cet ajournement. De plus les risques qui effraient les prêteurs, effraient également les emprunteurs. La vaste échelle sur laquelle furent menées aux Etats-Unis de nombreuses affaires nouvelles au cours des cinq dernières années a fini par épuiser pour un certain temps — au moins tant que durera cette atmosphère de dépression commerciale — les possibilités avantageuses de nouveaux développements. Dès la fin de 1929, les nouvelles entreprises nécessitant de gros capitaux, <e trouvaient déjà handicapées dans le monde, en dehors des Etats-Unis. Le coup le plus sensible leur a été porté pas l'effondrement de placements nouveaux aux Etats- Unis même, qui s'élèvent aujourd’hui à 20 ou 30 % de moins qu'en 1928. Ainsi dans certains pays, les débouchés pour de nouveaux placements avantageux sont plus
limités qu'auparavant, tandis que dans d’autres ces placements comportent plus de risques.
Ainsi s’est formé un abîme entre les idées des prêteurs et les idées des emprunteurs sur le rôle et le rapport véritable de nouveaux placements de capitaux; le résultat, c'est que les réserves des prêteurs servent à financer les pertes commerciales, et la misère des emprunteurs, au lieu de financer de nouveaux travaux.
Actuellemént on exagère probablement quelque peu la crise pour des raisons d'ordre psychologique. Une légère réaction dans le sens d’une amélioration peut donc se produire incessamment. Mais il ne peut y avoir, selon moi, de rétablissement véritable tant qu’on n'aura pas effectué un rapprochement entre les conceptions des prêteurs et celles des emprunteurs qui sont à la fois des producteurs. Ce rapprochement pourra avoir pour base le consentement des prêteurs à placer leur argent à des conditions plus modestes, et dans des limites géographiques plus étendues, et par ailleurs, le retour des emprunteurs à un meilleur état d’esprit les incitant à réemprunter.
On a rarement vu pareil écart, au cours de l’histoire moderne, et si difficile à combler. Ce n’est qu’en appliquant toute notre intelligence et toute notre volonté à trouver une solution sur ces bases et en nous persuadant que c’est Ià notre seule voie de salut que nous parviendrons à éviter que la crise se transforme en un état de dépression définitif. Si elle devait durer, elle entraînerait un affaissement des prix qui pourrait se prolonger pendant des années et un dommage irréparable pour la richesse matérielle et la stabilité sociale de tous les pays. Ce n’est que si nous nous efforçons sérieusement de trouver une solution, que l’optimisme que j’exprimais dans ma première phrase peut se justifier — tout au moins pour l’avenir immédiat.
Ce serait dépasser le cadre de cette étude que d’indiquer les principaux traits de la politique future. Mais
l'initiative én revient aux personnalités responsables des
SA) Dbe ® 14-10 T ER ER TE SRE à SALES À RS RQ RU de è TEST PER AN SE A SE A RCE SA Où ÉRPBE RENE ANAIQUX ms Drm EN or »i * RASE CE EE TS PE SE et ee
{ pere + +3 :
A re re Æ
A'Acoen gg
LS AL 2 à
Ds ex à
Re ER LS
; Al EE 253 LR Let Free
ERCT AM RS e LPMRE TE Free LPS EDR OR 4e DEEE ec
Banques Centrales des principaux pays créanciers; el aucune Banque Centrale ne peut entreprendre d’action \ elle toute seule, Mais une action délibérée de la Federal Reserve Bank des Etats-Unis, de la Banque de France et de la Banque d'Angleterre, est capable d’avoir une portée plus grande que ne sont disposés à le croire la plupart des gens qui confondent les symptômes du mal ou les accidents qui viennent l'aggraver, avec le mal lui-même. Le remède le plus efficace à tous les points de vue serait que les Banques Centrales de ces trois grandes mnations créditrices se mettent d'accord sur un projet hardi destiné à redonner confiance sur le marché international aux emprunts à long terme; ceux-ci permettraient de redonner du mouvement et de l’activité aux différentes entreprises et de rétablir les prix et les bénéfices, de sorte que petit à petit, les roues du com- “merce mondial se remettraient à tourner. Même, si la France, attachée à la soi-disant sécurité de l'or, préférait se tenir à l'écart d’une aventure destinée à créer des richesses nouvelles, je suis persuadé que l'Angleterre et les Etats-Unis, s'ils se mettaient d'accord pour entreprendre une action commune, pourraient remettre dans un temps relativement court, la machine à nouveau en mouvement: à condition bien entendu de puiser leur énergie dans la connaissance des erreurs à réparer. Gar ce qui paralyse surtout en ce moment les mains des personnalités responsables des deux côtés de la Manche et de l'Atlantique, c’est précisément l'ignorance et Île manque de conviction quant aux MOYENS qui s'imposent.
Dam mm
1, — Economies et dépenses (janvier 1931).
La cerise des affaires et du chômage, et les pertes commerciales subies actuellement sont parmi les plus sévères qui aient été enregistrées dans l’histoire moderne du monde. Aucun pays n’y échappe. Les privations et ce qui est parfois pire, l'inquiétude qui règne aujourd'hui à des millions de foyers dans toutes les parties du monde, sont infinies. Dans les trois premiers pays industriels du monde : la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Etats-Unis, j'estime à environ 12 millions le nombre de travailleurs sans ouvrage, Mais je ne suis pas sûr qu’on ne trouve pas encore davantage de misère aujourd’hui dans les grands pays agricoles du monde — le Canada, lAustralie et l'Amérique du Sud — où des millions de petits fermiers se trouvent ruinés par la baisse des prix de leurs produits, si bien que leurs recettes après la moisson leur rapportent bien moins que ne leur a coûté la production de la récolte. Car la baisse des prix des principales denrées et matières premières du monde, telles que le blé, la laine, le sucre, le coton et en fait toutes les autres marchandises, a revêtu la forme d’une catastrophe, La plupart de ces prix sont actuellement audessous du cours d’avant-guerre; pourtant le coût de la
ES