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ment d'ordre spéculatif des marchandises et que ce ne soit pas une hausse par rapport aux prix américains. Mr. Mc Kenna ne parle pas de la fin même qu'il faut poursuivre, mais rien dans son discours n'indique qu’il ne soit point partisan de persévérer dans la voie qu'il préconise pour tout de suite, c’est-à-dire se maintenir dans un juste milieu entre l’Inflation et la Déflation, ce qui revient à rechercher, comme le veut Mr. Goodenough, une stabilité générale des prix dans les limites définies, et à utiliser délibérément une politique monétaire pour atténuer les inconvénients graves du cycle du crédit. « Nous ne pouvons éviter, dans les affaires, des hauts et des bas, mais une sage politique monétaire peut toujours empêcher ces mouvements cycliques de s’accentuer jusqu'à l’extrême. Les spéculations excessives qui accompagnent toute crise inflationniste, et la misère cruelle qu’entraîne une débâcle prolongée peuvent l’une et l’autre être évitées. Ce ne sont point des maux nécessaires auxquels il faut se soumettre et reconnaître des causes incompréhensibles et inévitables. » Mr. Goode-. nough, d'autre part, tout en renonçant momentanément à l’étalon-or, achève son discours de la façon suivante :
«... Bien que nous ne devions Jamais oublier la fin qué nous poursuivons : le retour à l’étalon-or ».
En attendant, ce qu'il espère, c’est un mouvement inflationniste en Amérique qui permette au sterling de retrouver son ancienne parité sans que soit atteinte pour cela sa parité marchande actuelle.
Quelle est dans l’ensemble la véritable portée de ces discours? Ils viennent renforcer la position des partisans d'une réforme monétaire qui recherchent et préconisent la stabilité du niveau des prix intérieurs
et le resserrement du cyele du cré
dit. Ils sont, de plus, rassurants car ils montrent que deux des personnalités les plus puissantes de la Cité, ont une conscience nette des problèmes critiques de l’heure, et qu'on peut leur faire confiance pour user de leur influence dans le sens qui convient.
Mr. Mc Kenna et Mr. Goodenough sont tous deux favorables aux tendances que j'ai indiquées. Il ne serait d’ailleurs pas juste d'affirmer que les vieilles filles leur soient hostiles (il leur serait aussi malaisé de se décider, il leur faudrait autant d’agilité mentale pour penser, dans un sens que dans l’autre, leur ingénuité est toute impartiale). Si l’on pouvait les prendre par la main, et les faire sortir de leurs formules livresques qui vont répétant qu'il faut « regarder les faits en face », ou « des -économies et du labeur », l’on découvrirait peut-être qu'eux non plus n'ont aucune raison de s'opposer à un effort pour maintenir les prix au même niveau et une régularité dans les affaires. Et bien qu'ils éprouvent à l'égard de toute proposition en vue d’influencer le cours normal des prix, la même répugnance qu’à définir le sexe d’un enfant avant sa naissance, peut-être ne s’en tiendraient-ils pas obstinément à leur préférence instinctive de voir la solution de ces questions abandonnée au pur hasard.
2, — Fevrier 19925.
Une fois de plus, les Présidents de Banque nous ont donné un journal de la mode financière. Les couvertures varient; mais les dessins se ressemblent beaucoup. L'un représente le mariage avec l’étalon-or comme la condition la plus désirable, la plus vertueuse, la plus honorifique, la plus prospère et la plus bénie de toutes. L’autre cherche à convaincre le futur.mari que le régime matrimonial entraine de lourdes charges dont il est encore exempt; quon est uni pour le meilleur et pour le pire, et soumis par contrat au respect et à l’obéissance, que c’est la fin des jours heureux où l’on pouvait profiter des prix et des comptes en banque qui conviennent au train de ménage d’un célibataire. On aura cependant l’avantage d’être reçu plus souvent dans le monde une fois marié. Mais comme M°° O. est Américaine, il faudra surveiller
davantage les prix des grape-fruit et du maïs que des 3 œufs et du bacon. Tout compte fait, mieux vaut donc ne + pas se décider à la légère. Certains de nos Présidents : ressemblent à cet homme, auquel on demandait s’il croyait à la félicité éternelle après la mort. Il répondit que oui mais qu'il préférait ne pas penser à une chose si triste,
De même que l’année dernière, nous sommes en présence de deux problèmes bien distincts : les mérites intrinsèques de l’étalon-or, et la date et la méthode qu'il convient. d'adopter pour y revenir. En ce qui concerne le premier, comme le dit justement Mr. Mc Kenna, « nous en somimes encore à une période de recherche plutôt qu'à une opinion définitive et il n’existe pas encore de doctrine réellement orthodoxe en la matière ». Les parsans d'une réforme monétaire, dont je suis, après plus ample examen des faits, parce que j'estime que c’est là un des seuls moyens d’accroître le bien-être économique, ont encore beaucoup à faire pour triompher des forces de l'habitude, de la tradition et de l'ignorance. Ce n’est pas une bataille qui puisse se gagner en un jour. Ceux qui pensent qu’un retour brusqué à l’étalon-or résoudrait définitivement la question se trompent sur le véri-
table problème. Il n’y aurait là qu’un premier pas. Ce ! ne sont pas les décisions officielles qui seront prises cette 4 année qui nous apprendront quoi que ce soit, maïs les 1. effets combinés de l’expérience qu’on en recueillera et É. à des critiques de l'opposition, pourvu qu’elles soient + claires et substantielles. Ceux par exemple qui ont lu ‘4
les ouvrages de ce grand écrivain, Lord Overstone, se
souviendront du nombre d’années, des expériences 4 amères et désastreuses qu'il fallut aux réformateurs du E & siècle dernier en matière monétaire, pour faire prévaloir la politique d’avant-guerre d’escompte et de réserve bancaire (qui en son temps constitua un sérieux progrès) malgré l'opposition de la Banque d'Angleterre.
L'autre problème a une importance pratique immé-