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diate. L'année dernière, il s'agissait de savoir s'il était prudent de hâter les choses en ayant délibérément recours à la déflation: cette année il s’agit de savoir s'il est prudent de hâter les choses en supprimant l'interdiction d'exporter de l’or. Cette année encore, comme l’année dernière, les banquiers sur ce second point se montrent hésitants. Et céla s'explique, je crois, pour les raisons suivantes :
Avec beaucoup d’autres, j'ai été d'avis pendant long:temps que la situation monétaire aux Etats-Unis finirait par entraîner une hausse du niveau des prix et un début de boom; et qu’il conviendrait, en de telles circonstances, de surveiller et maintenir la courbe des prix en faisant usagé des méthodes habituelles, de façon à empêcher qu’il se produise chez nous en matière dé crédit un mouvément identique à celui qu'on constaie aux Etats-Unis.
Re Ên cas de succès, pareille politique entraincrait unñe amélioration progressive du change de la livre et il ne faudrait pas un mouvement de hausse très violent en Amérique pour que la livre s'élève au moins jusqu à sa parité d’avant-guerre. J'ai donc soutenu depuis déux ans qu’une politique monétaire sensée de la Banque d'Angleterre en même temps qu'une politique moins sensée du Federal Reserve Board entraînerait vraisemblablement et fort heureusement tôt ou tard un retour de la livre à sa parité d’avant-guerre.
Or que s'est-il passé? Au printemps de l’année 1923, un mouvement de hausse s’est dessiné aux Etats-Unis mais il fut arrêté en grande partie par l’action du Federal Reserve Board. À partir de juillet 1924, on assiste cependant à une nouvelle hausse qui — sous réserve bien entendu d'une intervention du Federal Reserve Board — risque de s’amplifier. La première hausse des prix aux Etats-Unis fut accompagnée d’une amélioration du change de la livre, et la baisse d’un recul simultané. À nouveau le mouvement des prix en Amérique à proôvoqué une amélioration du change de la livre qui à été
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remarquée du public. Corzme l’a dit Mr. Mc Kenna, les prix en livre ont été un peu plus stables que les prix en dollar, cette plus grande stabilité a entrainé, contrepartie inévitable, une certaine instabilité des changes. Toutefois le mouvement des prix fut au cours des six derniers mois troublé par des facteurs anormaux, L’amélioration du change de la livre ne peut être attribuée uniquement à notre politique monétaire, Il est vrai que l'intérêt des prêts à court terme a été maintenu à un taux supérieur d’un demi pour cent à celui de New-York et que les prix en Angleterre ont monté un peu moins qu'en Amérique, Mais on est d’accord dans l’ensemble pour estimer que ces facteurs ne sont pas assez puissants pour tout expliquer. Les statistiques du Ministère du Commerce indiquent qu'il y a un mouvement de fonds dans les comptes de Capitaux cette dernière année (et suriout au cours des six derniers mois de l’année) de New-York vers Londres d’un ordre de cent millions de livres. IL est dû (dans des proportions difficiles à calculer) à un retour de comptes étrangers, autrefois ouverts À Londres, à des placements américains en Europe provenant d’un renouveau de confiance inspiré par le plan Dawes, et à une nouvelle vague de placements à Wall Street, enfin à l’achat de livres basé sur l'espoir d’une hausse de celle-ci par rapport au dollar, Ce mouvement Sans précédent donne à la situation un côté précaire; nous ne pouvons compiler qu'il se prolongera sur le même rythme, et il peut par contre du jour au lendemain prendre un sens opposé. Nous avons donc besoin d’un répit afin de rétablir nos disponibilités, soit en développant nos exportations par rapport aux importations, soit en fixant des intérêts suffisamment élevés aux emprunts à longue échéance pour ralentir l’afflux (excessif selon moi) de nos capitaux vers de nouveaux placements. Actuellement nous nous exposons à prêter à long terme à l'Australie, par exemple, ce que nous avons emprunté à court terme de l'Amérique. Notre force
avant guerre venait de ce que nous avions de larges prêts à court terme (grâce au marché des traites commerciales) que nous pouvions facilement faire rentrer. À l'heure actuelle cette situation se trouve en partie, et peut-être seulement provisoirement, renversée.
. Que va-t-il se passer maintenant? Il y a deux hypothèses : il se peut que le Federal Reserve Board estime que la vague de hausse aux Etats-Unis finisse par constituer un danger et intervienne énergiquement comme il y a deux ans. C’est assurément ce que le Board devrait faire. Dans ce cas, l’on reviendrait au point de départ, et la situation serait la même qu'il y a dix-huit mois. Nous aurions le choix entre une stabilité relative des prix en livres accompagnée d’une baisse de la livre audessous de la parité du dollar et la déflation pour maintenir le change de la livre. Une annonce prématurée de la suppression de l'interdiction d’exporter de l'or, nous obligerait par avance à adopter la seconde méthode — que nous avions fermement rejetée il y a deux ans. C’est ce que réclament les fanatiques. Mais étant donné le nombre de chômeurs qu’il y a chez nous, ce serait de la folie.
L'autre hypothèse c’est que le Federal Reserve Board laisse les événements se dérouler sans intervenir. En ce
cas nous devons nous attendre à une hausse encore pro-
longée des prix en dollar. En 1924, pendant une certain temps, la politique d’ «open-market » du Board fut neltement inflationniste, c’est ce qui explique pour une bonne part la hausse rapide des prix à laquelle nous assistâmes. Actuellement il se montre plus circonspect mais rien n'indique qu'il ait une politique bien arrêtée et bien définie. Il se peut qu’une sympathie bien intentionnée mais inconsidérée pour nos efforts en vue d'améliorer le change de la livre, l’incite à retarder une intervention; et s’il tarde encore un peu, les conditions d’une période de prospérité pourraient devenir permanentes. En ce cas nous n’aurions aucune difficulté à rétablir la livre
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