Zeitschrift fur rom. PhiL, 1892, p
ne voit dans ma tentative d'explication qu'une sorte de tautologie, et s'il lui reconnaît une vérité extérieure, il lui dénie toute valeur intrinsèque. Voici quelle est, à son avis, 1' « innere Wahrheit ». Le premier accident phonétique qui ait atteint debïtor est le changement de tor en tro : soit *dçbïtro; de dçbïtro un développement phonétique régulier aurait fait ensuite *debïtro, tout comme de cathedra, il a fait cathedra, de *alècrum, alecrum, etc.
A cela, je vois une grave objection, qui m'a déjà empêché d'enfiler cette route et que je soumets à mon savant collègue de Prague. En dehors de la série de mots qu'il sagit d'expliquer, je n'en connais qu'un qui offre le même type phonétique, ou peu s'en faut, c'est presbïter. Or tant que l'on reconnaîtra l'ital. prête, le prov. prêtre ou prestre et le français prestre pour des dérivés phonétiques réguliers de presbïter, on ne pourra admettre concurremment que debïtor ait dû aboutir à deveire1 .
Que, dans certaines parties du domaine roman, le latin -tor soit devenu de bonne heure -tro, je n'y contredis pas : le vénitien avogadro, le trentin desmadro, par exemple, de advocator, decimator, n'ont pas d'autre explication2. Mais que cela se soit produit dans le midi de la Gaule, je ne puis le croire. Une pierre de touche excellente nous est fournie par le franco-provençal, qui ordinairement conserve sous
i . D'ailleurs debitor a donné phonétiquement en français ddre (lorrain datre), dont on peut voir des exemples dans le Dictionnaire de M. Godefroy, v° deteor.