‹ Essais de philologie françaiseChapitre 11 sur 251 · Meyer-Lùbke, liai. Gramm., p · texte numérisé non relu

Meyer-Lùbke, liai. Gramm., p

LA LOI DE DARMESTETER EN PROVENÇAL 2j

forme d'à Yo et Yu du latin après un groupe de consonnes, et qui dit maistre, frare, de magister, f rater, mais maistro, fauro, de magistrum, fabrum, etc. Or comment le franco-provençal traite-t-il le suffixe -tor? Il offre partout et toujours -re, jamais ni nulle part -ro. C'est ainsi que nous lisons dans les textes lyonnais publiés par M. Philipon dans la Romania, en 1884: achetâtes, II, 1, 5; afanares, III, 23 ; coreares, III, 23 ; echoudares, III, 23 ; guarnissares1, III, 23 ; paîliac^ares, III, 23; pcchares, III, 23; pesâtes, II, 2; revendares, I, 3 ; troliates, 1 , 21; vendares, II, 1 , 5 ; visitares, V, 1 ; dans Marguerite d'Oingt : creares 2; dans les textes publiés par M. l'abbé Devaux3 : pechare, peschare, III, 9 et IV, 62. M. Cornu contesterat-il l'identité phonétique de vïtram et de son hypothétique *debïtro? Peut-être; on ne saurait être trop scrupuleux quand il s'agit de comparer similia sirnilibus. En tout cas, l'identité n'est pas contestable pour latro : or latro a donné en franco-provençal laro dans la région même où l'on dit veiro, de vitrum, et peschare, de piscator*.

1 . Guarnissares, comme plus bas vendares, revendares, sont des formes analogiques où, comme en français, -ator a supplanté de bonne heure le suffixe propre qui devait être -ère en franco-provençal. Je note à ce propos que les textes franco-provençaux n'offrent que très rarement des exemples correspondant phonétiquement au provençal tire, ire. Le seul que je connaisse est Tissire, qui revient deux fois dans les extraits du censier de Ponce de Rochefbrt, 35 et 68. (Voy. Romania, 1893, p. 41 et 44.)

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