XXXII. — prov. EN, NA
On sait que dans les textes provençaux le nom de tout personnage de marque est précédé de la particule En (devant une consonne) ou AT (devant une voyelle), s'il s'agit d'un homme, Na (devant une consonne) ou N* (devant une voyelle) s'il s'agit d'une femme. En Bertran de Boni, N'Aimar vescomte de Lemotges, Na Maria de Ventadorn, N'Audiart de Malamort.
Raynouard 2 regarde sans hésitation Na comme dérivé par aphérèse du substantif domna, dame, ce que tout le monde accorde. En ce qui concerne le masculin En, il ne se prononce pas et renvoie aux conjectures de Pierre de Marca. Ce dernier 3 voit dans En une apicope de Mossen, pour Mossenher, Monseigneur. Diez4 considère En comme une abréviation du latin dominas, devenu, dit-il, dom-in, dom-en. Il est à peine besoin de
i. Dans le Dictionnaire général de MM. Hatzfeldet Darmesteter j'ai expliqué le verbe êverdumer par un subst. masc. *verdum, correspondant à l'italien verdume. Aujourd'hui je crois plutôt à l'existence d'un subst. fein. * verdume, de sens abstrait, analogue à l'anc. franc, freschume, vieiïïume, et où urne représente la désinence latine udinem.