XXXV. — ENSOUAILLE
Le mot ensouaille, qui est un terme de marine, désigne la cordelette qui retient le bout de la drosse du gouvernail des bateaux foncets. L'Encyclopédie de Diderot est le premier recueil où il ait trouvé place; depuis, plusieurs dictionnaires, notamment celui de Littré(qui porte dans la définition crosse au lieu de drosse), l'ont altéré en ensonaille. Le Dictionnaire général de MM. Hatzfeld et Darmesteter indique avec réserve un rapprochement entre ce mot et le verbe ensoyer, dont se servent les cordonniers lorsqu'ils garnissent d'une soie de porc le fil à coudre les semelles: il n'y a guère d'apparence. Le sens de « cordelette » doit plutôt faire rattacher ensouaille à l'ancien français se.uwe} soue, corde, dont il sera question ci-dessous, à propos d'un autre dérivé, suage. Toutefois, il est étonnant qu'on ne trouve pas le simple * souaille : la glose socale = souaille, qui est donnée dans l'édition Favre de Du Cange d'après un manuscrit de Lille, doit être corrigée en focale == fouaille. Ce n'est donc que sous toutes réserves que je propose de rattacher ensouaille à seuwe, soue.
PROV. ESLAUS 29I