Eguilaz, Glos. ctim. de las palabras de origen oriental
3. Mistral donne aussi, comme mot distinct, savego, saugo, sans dire où cette forme est usitée.
4. Il est bien probable que Vessavegotus recueilli par Carpentier dans un texte marseillais de 1434 est un diminutif de notre mot, bien que Carpentier le traduise par « corbis species ».
roue de sortir de l'essieu. » Or, Y esse d'un essieu ne rappelle que de fort loin la lettre s. En tant qu'appliqué à cet objet, esse me paraît avoir pris la place de l'ancien mot heusse fort pertinemment défini par Nicot : « Heusse est la cheville de fer platte et large par en haut et ronde en bas, laquelle passe à travers la happe et les bouts de l'aisseul sortans hors le museau des moyeus des roues et les contretient qu'elles ne s'eschappent dudit aisseul ». M. Godefroy a réuni de nombreux exemples de heusse, cheville, en ancien français1. Je crois — comme il est dit dans le Dictionnaire général — qu'il faut reconnaître le même mot dans le terme de marine heuse « piston d'une pompe ». Quant à Pétymologie, je propose de voir dans le français heusse le pendant de l'italien elsa, c'est-à-dire l'ancien haut-allemand hel%a, garde de l'épée. Heusse s'applique spécialement à la cheville de fer qui traverse de part en part l'essieu d'une voiture, et qui est, d'une certaine façon, comme la garde de l'essieu. Je n'ai pas besoin de rappeler ce que c'est que le heut ou helt de l'épée de nos anciens chevaliers : M. Salmon l'a récemment précisé2. Mais je ferai remarquer que heusse s'écrirait mieux heuce, comme le montre la forme normanno-picarde heuche ou euche, et que la présence d'un ç convient bien au ^ du haut-allemand: cf. esclicier, en picard esclichïer, du haut-allemand sli^an.
i . La série se termine malheureusement par deux exemples de l'eusse ou Vhusse de l'œil (dont l'un est de Brantôme), ce que M. Godefroy traduit par « coin » ; dans ces deux exemples nous avons à faire au provençal moderne usso, sourcil, qui n'a rien à voir avec le mot français.