Spano, Vocdb. sardo-ital
3. Sans vouloir rien affirmer, je ferai simplement remarquer que le sarde forrojare, forrogai pourrait remontera un type comme * farnuculare : cf. forru, à côté de furru, du lat. famum, et piogu, du lat. * peduculnm.
4. Le dictionnaire d'Ant. Oudin donne, à côté de « frugare, fouiller, sonder, esguillonner », les formes furegare, furigare, avec le sens de « fourgonner ».
vençal et du français. Dans ces conditions, le seul type latin qui convienne est *filricareI, tiré de fur, fûris, voleur. *Furicare explique à la fois la forme ordinaire de l'ancien français et la forme dialectale furchier, furkier2. Cependant *fûricare ne répond pas à tout. A côté des formes qui postulent un fi, d'autres postulent un 0. Parmi les exemples cités par M. Godefroy figurent :
i° Un passage du Renart, celui-là môme qui est visé par Diez, où le dernier éditeur, M. Martin, a lu forgier, d'après le plus grand nombre des manuscrits ;
2° Un texte du xve siècle, la Contenance de table, qui recommande de ne pas se fourgier le nez ;
30 Un texte champenois de 1463, ainsi conçu : « pour feurger et chever les fondements des deux piliers du biaul portail. »
De ces exemples français il faut rapprocher quelques variantes provençales ou gasconnes données par Mistral : fourga, hourga, hourica, houruca. En présence de ces témoignages de provenance si diverse, il ne faut pas hésiter à admettre un second type étymologique, à savoir : *foricare, de *forare, comme *fodicare, defodere. On remarquera que le rapport sémantique est tout à fait satisfaisant : d'une part, le lat. forare est déjà em-
1. L'italien possède aussi furicare « cercare con ansietà », dont la forme est tout à fait en harmonie avec la phonétique toscane. Canello (Arcb. glolt. III, 370) et Caix (Studi di ctimol. ital., p. 109) le tirent de *furcare, qui aurait été modifié d'après le type des verbes en icarc ; c'est l'explication de Diez. Quant à frugare, on ne voit pas nettement la raison d'être de cette forme en toscan : ne serait-elle pas d'origine dialectale ?