‹ Essais de philologie françaiseChapitre 143 sur 251 · GOUPILLON · texte numérisé non relu

GOUPILLON

hollandais ivip, bascule, estrapade, zuippen, balancer, berner, donner l'estrapade; la danois-norvégien wippe, bascule, épi, etc.; l'anglais whip, fouet, towhip, fouetter, wisp, bouchon de paille, balai, to zuipe, essuyer, nettoyer, etc. Le rapport est manifeste, mais il serait peut-être téméraire de vouloir le préciser: a-t-on considéré simplement dans le goupillon l'action du prêtre qui le balance pour asperger les fidèles, ou y a-t-il un rapport plus direct entre la forme de l'aspergés et celle d'un épi ? En tout cas, j'incline à croire que le mot est venu en France avec les Normands,' vu sa date relativement récente et son habitat.

Goupillon n'est pas d'ailleurs le seul rejeton que le radical zuipp ait poussé en français. M. Godefroy a relevé un exemple de guippon dans un texte parisien de 1342, où le sens de « goupillon » est manifeste. La langue technique actuelle a conservé ce mot guipon, comme on peut le voir dans Littré1. Jal a justement indiqué le rapport avec l'anglais to wipe: non seulement il ne faut tenir aucun compte de l'hypothèse de Littré qui serait disposé à voir dans guipon une variante de jupon, mais il faut considérer gipon, nom que porte aussi le guipon des corroyeurs, comme une forme corrompue : on peut seulement accorder que gipon (jupon) a exercé sur guipon la même fâcheuse influence que goupil sur guipillon 2.

1. Il y a le guipon des calfats, « sorte de gros pinceau formé de morceaux d'étoffe de laine pour étendre le brai », et celui des tanneurs, « linge au bout d'un bâton pour mettre les peaux en chaux » : ce dernier est souvent appelé gipon.

2. Une autre altération de guipillon est guitnpfflon. Il est bien

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