XLVIII. — GOURGOURAN
Ce mot, que l'Académie française a admis dans son dictionnaire de l'usage en 1762, se trouve pour la première fois1 enregistré dans l'Encyclopédie de Diderot (tome VII, paru en 1757), où il est ainsi expliqué: « Étoffe travaillée en gros-de-Tours, mais plus forte en chaîne et en trame ; les soies n'en sont point moulinées mais elles sont seulement gommées... Le gourgouran vient des Indes... »
Malgré la provenance de la chose, le mot n'a rien à
acile de reconnaître le mot dans l'exemple suivant cité par M. Godefroy et accompagné d'un point d'interrogation : « Mon harnois est en estât, car je le fais souvent fourbir avec un guimpillon fait à l'occasion et au contraire de ceux qu'on met dedans les pintes. » (Caq. de l'accouchée, p. 262.) Les tonneliers et marchands de vin connaissent bien le goupillon que vise cette allusion obscène. Trévoux le définit ainsi : « Bâton long d'un pied et demi, au travers du bout duquel on attache plusieurs brins de poil pour nettoyer les pots où l'on ne peut fourrer la main. » C'est le sens qu'a equipillon dans l'exemple de 1380 mentionné plus haut. De guimpillon, il faut rapprocher vimpilon donné par Cotgrave. — Je mentionnerai enfin la forme curieuse esivispillon, employée par frère Nicole Bozon dans ses Contes moralises, p. 33, éd. P. Meyer et Toulmin Smith, forme dont il faut rapprocher vispilio, au sens de « bouchon de paille », dans un texte latin écrit en Angleterre, cité par Du Cange. Ces formes sont dues à l'influence combinée de l'angl. to sweep, balayer, et wisp, bouchon de paille, balai, qui existent à côté de to wipe, essuyer.
1 . C'est par erreur que, dans le Dictionnaire général de MM. Hatzfeld et Darmesteter, le mot est indiqué comme figurant dans le Dictionnaire du commerce de Savary des Bruslons, ire édition (1723). Il ne figure que dans l'édition de 1761, laquelle se réfère à Y Encyclopédie.