Voyez. Devaux, Essai, etc., p
sauvent désigné par le même nom que l'Herbutan. M. Pilot de Thorcy cite les formes suivantes comme s'appliquant à l'Hérétang : Albeta, en 1 1 3 9 ; rivus de Albcta, en 1308; aqiia Albete, in rivis d'Albclay, riveria d' Albeta m, en 1333; rivus de Albetano, en 15 12; Je ry d'Erbetan, en 1540; rivière d'Arbetan, en 1554. Il est manifeste que ce n'est pas de ces formes que peut être sorti le nom actuel : ce nom se présente pour la première fois en 1289, où le ruisseau qui nous occupe est appelé aqua de Leyretan, puis il prend définitivement le dessus au xvne siècle : rivière de l'Heretan, de l'Hereta^, en 16 10; rivière de l'Heretan, en 1645. Il est clair, d'après ces derniers exemples aussi bien que d'après celui de 1289, que la forme correcte est Leretan, plus anciennement Leyretan; si le nom actuel Hérétang a perdu son / initial, parce que le peuple a pris ce / pour l'article, et s'il a reçu un g final, parce que les gens savants, ou se croyant tels, ont pris ce nom pour un composé du mot français étang, ce double déguisement ne nous empêchera pas de le reconnaître pour un ancien cas régime de Leyrete, c'est-à-dire « la petite Leyre » ou « la petite Loire». Le Séran, affluent du Rhône (Ain), est mentionné dans une charte des environs de 1 1 3 5 : fluvius qui dicitur Serana1. Il ne paraîtra pas téméraire sans doute de conclure de cette forme que Seran était féminin au xiie siècle et que le nom primitif latin de ce cours d'eau était Sera2. On notera que Guigue mentionne
t. Guigue, Top. hist. de l'Ain.
2. Cf. la Cère, affluent de la Dordogne (Cantal, Lot), en latin Sera, d'après Quicherat.
un ruisseau appelé la Serre comme affluent du Séran : il semble donc que le même nom ait été appliqué à l'origine aux deux cours d'eau, habitude fréquente dans la nomenclature hydrographique.
Le Soanan, affluent de l'Azergue (Rhône), figure en 858 sous la forme Soanna dans le cartulaire de Savigny : a cercio Soanna (var. Soana) fluvio volvenîe, n° 25. La forme primitive est conservée dans le nom de Valsonne, localité arrosée par ce cours d'eau et appelée au moyen âge Valsoanna1 . Auguste Bernard appelle ce cours d'eau la Souanne, peut-être par suite d'une préoccupation étymologique. Au xvne srècle, le sieur Coulon, qui ne peut être soupçonné d'une préocupation de ce genre, dit de son côté que l'Azergue « se joint à la Saene2 ». Quoi qu'il en soit, l'usage actuel est pour Soanan* ; Cassini écrit Soanen.
Le Talent est une rivière du canton de Vaud que les textes latins du moyen âge appellent Tel a ou Thela. Elle se joint à l'Orbe, et, d'après la géographie officielle, l'Orbe prend le nom de Thièle à partir du point où elle reçoit le Talent. M. J. Bonnard a montré^ qu'il serait plus juste de dire que le Talent reprend le nom de Thièle à partir de sa jonction avec l'Orbe. J'ajouterai que le nom de Ziehl, sous lequel le même cours d'eau débouche dans l'Aar, après avoir traversé les lacs de Neuchatel et de Bienne, n'est qu'une