‹ Essais de philologie françaiseChapitre 169 sur 251 · LUI 33 S · texte numérisé non relu

LUI 33 S

Mo + ei = * illoei = * Moi, de même que Mi -f- /w^ =s *Miius = f7/ûtf. Quant au passage de *///#/ à ///wf, il s'est effectué comme celui de quoius et #«0/ à fttiftf et fw/, et de Zw/w.r et hoic à /;w/w5 et huic. Illius a obtenu droit de cité dans la langue littéraire ; illui au contraire, par une de ces anomalies dont le linguiste ne s'étonne plus, n'a vécu que dans la bouche du peuple, jusqu'au jour où le latin populaire a supplanté le latin classique : ce jour-là illius a disparu, illui seul est resté dans les langues romanes.

La forme pronominale féminine correspondante à lui est en italien là, en roumain ei (affaiblissement de leï), en provençal lei et lia, leis et lias, en ancien français*//^ forme primitive qui, dans le dialecte de l'Ilede-France, s'est contractée régulièrement en li, dans les autres dialectes en lei, lié ou II.

Diez tire l'italien lei du datif féminin Mae au lieu de Mi, avec cette remarque : « Yi ajouté sert à conserver la longue, comme dans noi, voi, de nos, vos1. » Cette explication du maître ne saurait être admise aujourd'hui : Yi de noi et voi est un i analogique qui s'est peu à peu développé sous l'influence des pluriels en i ; quant à Yi de lei, il est inexplicable avec la base Mae. M. Tobler suppose Macc ; mais la vocalisation du c en i est contraire aux lois de la phonétique italienne. Illaec conviendrait à la rigueur à l'explication des formes françaises et des formes provençales sans s: mais par cela même qu'il ne peut expliquer ni l'italien ni le roumain, il est insuffisant. Pour le prov. leis, lieis, Diez

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