LUI
surtout par M. Meyer-Lùbke1 m'ont inspiré des doutes sur la solidité de mon explication. Il est possible, comme l'indique ce dernier, que d'après qui, cujus, cui et hi(c), l)ii jus, l)iti(c), on ait eu de bonne heure la déclinaison illi, Muiiis2, illui en latin vulgaire, et que la persistance de l'ancien datif féminin Mae ait entraîné par analogie les nouvelles formes féminines de génitif et de datif Marins et Mari. Mais cette hypothèse ne répond pas à tout. Si, en effet, je puis fournir quelques nouveaux exemples à l'appui de ipsaeiusï, je dois signaler Hiatus dans une inscription du musée de Baie, dont la lecture est au-dessus de toute contestation 4. Or, Maeus ne peut s'expliquer que comme un pendant féminin donné à illius, décomposé instinctivement en illi +
ipsei qu'il cite dans le Corpus, I, 204 et 11 94, sont sans valeur: non seulement ils se trouvent dans des inscriptions archaïques, où et équivaut à /, mais, loin d'être des datifs féminins singuliers, ce sont des nominatifs pluriels.
1. Grundriss der rotri. Phil., I, 372, et Gramm. des lang. rom.,
Ii S 574-
2. M. Meyer-Lùbke appuie cette forme sur deux passages du Corpus, III, 2377, et X, 5939. Ce dernier texte, où on lit filia ipsuius, est seul valable; on a montré récemment que la forme bizarre inpsuius de III, 2377 n'avait rien à voir avec la question et devait se lire : ///^[ensis] s[uis] t'/i/[ae] /[ecit]. (Arch.-epig. Milthcilungeii ans Œsterreich-Ungam, XIII, 75.)
3. Vixxil Ru/ma annos LV et filia ipseius XXXVII (Corpus, X, 1528) — [i]pseiu[s]... quiète... pace. (Ibid. 7790) — iussu ipseius (Gruter, p. dxli, n° 7.) — Aurélia Victorina... et post vilain ipseius... Fortunatus alonnus ipseius ex dolo ipseius fecit (Muratori, Novus Thésaurus vet. inscr. p. mcdxxxix, 7.) — Domine, nequando aditmbrctur spiritus Vénères. De filius ipseius... (Perret, Les Catacombes de Rome, t. VI, p. 155, planche XXV, 48.;
4. Prima C. Cotei lib. afin. XVI et soror illacus Araurica. (Mommscii, Inscr. Confoed. Helveticae, n° 296.)
Thomas. 22
us. On trouve queius pour cuius au féminin {Corpus, III, 1846, et IX, 1524, où le lapicide a gravé par distraction queiuius) forme qui est tout à fait analogue à illeius pour illaeius ; mais le datif féminin quai, dans une inscription d'Espagne1, repose directement sur le masculin quoi2.