LXIV. — OSTADE
Vostade est une étoffe connue en France depuis la fin du xive siècle et dont l'usage s'est maintenu jusqu'au commencement du xvne. Je ne sais pourquoi Littré, si hospitalier d'ordinaire, a omis ce mot, qui figure dans Trévoux à ostade et à mi-ostade. Le dictionnaire de M. Godefroy a de nombreux exemples de ostade, mi-ostade et ostadine, mais il est fâcheux qu'il ait
i. Pantagruel, ch. 30.
2. Serait-ce la terminaison du nom de Nestor qui lui aurait donné l'idée de faire de ce sage personnage un orpailleur?
3. Voy. le Dictionnaire de M. Godefroy au mot harpailleur 2. On y trouve aussi un intéressant exemple de l'emploi figuré du mot dans Du Pinet : « harpailleurs des secrets de nature. » Le Dictionnaire de M. Godefroy est la terre de bénédiction des orpailleurs philologues.
PANCOGOL 343
oublié les exemples insérés par Carpentier dans Du Cange, aux articles ostada et meia-hosteda, car le plus ancien texte de M. Godefroy pour ostade n'est que de 1469, tandis que Carpentier en a cité des années 1395, 1425, 1457, etc.1. Carpentier a eu le mérite de rapprocher ostade de l'anglais voosted (sic), encore qu'il semble prendre le contrepied de l'étymologie. Il n'est pas douteux, en effet, que le mot français soit une altération de l'anglais worsted — Cotgrave traduit ostade par « the Stuffe Worsted or Woosted », — qui n'est autre chose qu'un nom de lieu, dans le canton de Norfolk2.