LXIX. — PARPAING
On appelle parpaing une pierre qui tient toute l'épaisseur d'un mur. Littré dit que « le mot est composé de per, d'outre en outre, et probablement de pan, altéré en paing ». On pourrait assurément imaginer un type * perpannium qui, phonétiquement, rendrait raison de parpaing ; mais pour le sens, cela ne vaut rien. Ménage, quf suppose panus au lieu de pannus, a beau gloser par « comme qui diroit une chose qui passe au travers du pan de muraille », il n'emporte pas la conviction. Remarquons que parpaing désigne primitivement non pas la pierre qui tient toute l'épaisseur du mur, mais le fait de tenir toute l'épaisseur d'un mur, en parlant de la pierre, et même d'autres matériaux de construction. « Un mur fait parpain, lorsque les pierres dont il est construit le traversent et en font les deux parements » (Ménage). L'exemple cité par Littré (1306) dans son Supplément porte: « Que Hues retraissit le marrien a moitiet dou mur, qu'il avait mis a perpain x. »
Je suppose que nous avons affaire à un mot du latin vulgaire modelé sur compaginem, propaginetn, variantes de compagem, propagem, soit * per paginent, de per et de pangere. Un verbe * perpangere signifierait tout naturel-
1. Mon confrère Victor Mortet me communique un devis fait à Provins en 1284, qu'il va publier et commenter dans le Bulletin monumental, où on lit : « Un col de piler de troi?*.piès- de col et de deus pies de parpeien. » Dans son commentaire, il en rapproche cet autre passage (1399) '• <( Deux pilliers portans chascun trois piez de col et deux piez d'espoisse. » Je ne pouvais désirer une confirmation plus nette de mon interprétation de parpaing.