LXXIV. — prov. PERNAR
Ce verbe est usité en Languedoc et en Gascogne au sens de « fendre ». A côté de la forme verbale perna, Mistral enregistre les dérivés pernadou, refendoir de vannier, et perno, fente, fesse, éclisse d'osier. Comme indication étymologique, l'auteur du Trésor dôu felibrige nous engage à conférer le mot perna avec le baslat. pénétrai, scie, ou avec le latin pinna, créneau ; mais on avouera qu'on ne peut s'en tenir là. On a tant abusé des étymologies grecques qu'il faut un certain courage pour en proposer une. Il est difficile cependant de ne pas être frappé du rapport de sens et de forme qui existe entre le provençal pemar et le grec TïEpcvàv, « percer, traverser comme avec la pointe d'une agrafe (irspiv?;), ou simplement percer. » On peut supposer, en attendant mieux2, que r.ipzvx* a été latinisé en *peronare qui a été contracté de très bonne heure en *pernarc.
i. Par suite, petasuneuhts signifie soit « petit jambon », soit « petit petase ».
2. Rattacher pernar au latin perna, cuisse, n'est guère possible, moins à cause du sens de perna (cf. le franc, ècuisser, prov. escoissar, faire éclater le tronc d'un arbre en l'abattant) qu'à cause de l'absence d'un préfixe.
Thomas. 23