‹ Essais de philologie françaiseChapitre 192 sur 251 · LXXV. — PERPIGNER · texte numérisé non relu

LXXV. — PERPIGNER

Ce terme de marine, et son dérivé perpignage, est enregistré pour la première fois, en 1792, par Romme qui définit ainsi le perpignage: « opération qui a pour but, dans la construction d'un vaisseau, de rendre parallèles les plans de tous les couples de levée après qu'ils ont été élevés sur la quille et établis chacun dans la place qui lui est assignée. » Littré n'indique aucune étymologie. Je crois qu'il faut voir dans perpigner un dérivé de parpaing, qui est souvent écrit perpin x, analogue à provigner de provin. J'ai expliqué plus haut comment je me représentais la genèse et le sens propre de ce mot parpaing. Si je ne m'abuse, l'existence de perpigner confirme dans une certaine mesure ma manière de voir. Le couple, qui traverse de part en part le vaisseau perpendiculairement à la quille, rappelle, par cette disposition même, la pierre employée en parpaing, c'est-à-dire occupant toute l'épaisseur du mur. Le perpignage s'oppose au « balancement », opération par laquelle on s'assure que tous les axes des couples sont bien dans le plan longitudinal.

Page 1