‹ Essais de philologie françaiseChapitre 193 sur 251 · PIE · texte numérisé non relu

PIE

« nom donné en Franche-Comté, aux parcelles de l'assolement, aux soles. » Il n'indique ni étymologie, ni historique. M. Godefroy a un article pie i qui correspond à pie 3 de Littré ; mais, contrairement à son habitude, il se borne à citer des auteurs modernes qui définissent le sens du mot pie dans l'Ain, en ajoutant que c'est aussi un terme usuel dans le Doubs et dans la Haute-Saône.

Carpentier a inséré dans Du Cange un article pia, avec renvoi h. peya, où il faut certainement reconnaître la pie qui nous occupe. Malheureusement, à l'article peya, il s'encombre d'un exemple de pey, pieu, qui n'a rien à faire ici, et il identifie peya et pecia, ce qui n'est pas soutenable au point de vue phonétique. Il avait été plus clairvoyant à l'article pea. Du Cange n'ayant pu expliquer ce mot pea, relevé dans le cartulaire de Vienne, Carpentier le complète fort judicieusement en remarquant que c'est la même chose que peda, élucidé plus loin par Du Cange lui-même et par les Bénédictins1. Notre mot pie correspond également au bas-latin peda, parcelle de terrain comprenant un certain nombre de pieds, lot de terre, très souvent emplacement pour bâtir. Le provençal, dans, la région du Nord-Est qui confine à la zone française où règne pie, emploie précisément pea, tandis que plus au sud ou plus à l'ouest on dit peaxp, cest-ïx-dir e pedationem2. Cette synonymie

i. Il acte moins heureux en constituant un article /wfa 3, d'après une charte de 1281, concédée par l'évêque de Clermont, et en attribuant à peda le sens de « pactum, convention ». Peda a ici son sens ordinaire, celui qui est donné par Du Cange et les Bénédictins sous le n° 2.

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