‹ Essais de philologie françaiseChapitre 198 sur 251 · LXXX. — POLIÈRE · texte numérisé non relu

LXXX. — POLIÈRE

« Potières. S. f. pi. Terme de bourrelier. Courroies qui joignent la fauchère au bât. » C'est en ces termes que Littré définit le mot polière, sur lequel d'ailleurs, non plus que sur fauchère, il ne fournit aucun éclaircissement étymologique. La « fauchère » est une tringle de bois, qui tient lieu de croupière aux mulets de charge. Le Dictionnaire général Hatzfeld-Darmesteter a indiqué l'identité du français fauchère et du provençal moderne fauquiero1. Il n'est donc pas surprenant de retrouver encore un terme du Midi dans le harnachement du mulet. Polière2 est le provençal moderne pouiliero, que Mistral définit : « Corde ou courroie qui attache la croupière au bât des mulets » et qu'il dérive justement depoilo (variantes pouilo , polo) . Quant à poilo, qui signifie « croupière », il le rapproche de l'italien posolino et du latin postilena qui ont le même sens. En réalité, la forme correspondante exacte de l'italien est pôsola, mot

i. Cf. ci-dessus l'art, flaquière, p. 296.

2. Je ne trouve pas le mot employé en français avant 1790, article settier de YEncyci. méthodique, arts et manuf.

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qui a à côté de lui le dérivé posollera, tout comme le provençal polio a poulllero. Or, ni l'italien pôsola, ni le provençal polio ne peuvent venir de postilena. Force nous est de leur reconstituer une forme matrice * postula, dérivée directement de l'adverbe post, derrière1. Une dérivation tout à fait analogue est celle qui a tiré de subtiis le substantif *subtulusi d'où le provençal sôtol, sous-sol, rez-de-chaussée.

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