AVANT-PROPOS VII
tique, a été l'objet, chemin faisant, de quelque digression, et je me permets dès maintenant de le renvoyer à l'index lexicographique complet qui termine le volume.
Dans l'une et dans l'autre série, la langue d'oïl et la langue d'oc marchent sur le même front. En choisissant ce titre : Essais de philologie française, il m'a paru légitime de donner à l'adjectif français le sens large que l'on donne au substantif France. On avait coutume depuis longtemps d'opposer la langue d'oïl et la langue d'oc par les termes traditionnels de français et de provençal. Mais voici que tout récemment on a inventé un terme nouveau, celui de franco-provençal, pour désigner une partie de la frontière de la langue d'oc et de la langue d'oïl; et pendant que les uns s'ingéniaient à constituer vers l'Est ce que les diplomates appellent un et aï-tampon entre le français et le provençal, les autres cherchaient au Sud-Ouest, dans ce qu'on pourrait appeler le hinterland du provençal, les éléments d'une quatrième unité linguistique, et ils les trouvaient réunis dans le gascon. Ce morcellement arbitraire — comme tout essai de classification — a son utilité au point de vue didactique, et je n'en veux point dire de mal. Mais il pourrait devenir funeste s'il s'imposait avec trop de rigueur à notre esprit et s'il nous portait à méconnaître la solidarité des parlers de France. M. Gaston Paris l'a dit excellemment: « Abstraction laite du flamand, du breton et du basque, ces trois coins de métal étranger qui encadrent notre carte linguistique, le fait qui ressort avec évidence du coup d'œil le plus superficiel jeté sur l'en-