‹ Essais de philologie françaiseChapitre 201 sur 251 · Loc. land., p · texte numérisé non relu

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4. Ajoutons-y marjolaine, sorti de * marjoraine, pour majoraine, et dans l'ancienne langue fonrquefille (pour fonrquefire, fourche-fière), gorgelin (pour. g'orgerin, dans Godefroy, \osauffraiti), mortdier, mortellcrie (dérivés de mortier), verjule pour verjure (forme signalée par Savary des Bruslons), etc. Les vocables topo-

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la loi que j'ai formulée est le contrepied de la loi xvi de M. Grammont : intervocalique dissimile combinée atone. M. Grammont ne cite qu'un exemple français d'application de cette loi : érable, pour *érabre. Je ne m'inscris pas en faux contre cet exemple, bien loin de là; je vais même en citer d'autres, pour qu'il soit manifeste que le français n'ignore pas la loi xvi.

i° Dissimilation de r.

La Flamboysière (1572), pour La Framboisière (Eure-et- Loir).

La Geoffloniére (Vienne), pour La Geoffronniêre.

Les Glimonnières (Yonne), en 1743 La Grimonniêre.

La Goulfandière (Vienne), au xve siècle La Gouffrandiére;h forme actuelle est sortie par méthathèse de * Gouflandière.

Les Plouteries, forme usitée concurremment avec Les Prouieries comme nom actuel d'un hameau de la Vienne ; la forme primitive est Les Prevosteries.

2° Dissimilation de /.

braaiUe, dans Godefroy, pour blaaille, dérivé de blé.

Égriselles, nom porté par trois localités de l'Yonne, Griselles (Côte-d'Or et Loiret), Grisolles (Aisne), sont pour Égliselles, etc., et remontent au latin

graphiques offrent des exemples très intéressants : dans la Vienne, par exemple, nous trouvons Bellardière (pour Berardière), Beîîarérie (pour Berarderie), Les Louardièrcs (pour L'Ai 'renardière) ; dans la Marne, Mour melon, primitivement Mormeron; dans l'Eure-et- Loir, Blardière (pour Berardière).

Eclesiola. Même quand la dissimilation n'a pas triomphé (Glisolles, dans l'Eure, et Glisuelles, dans le Nord), on peut constater qu'elle a agi : Glisollcs de l'Eure est appelé Grisolles en 1469, Griselles en 1523, Grisolles dans Cassini. D'autre part, pour Grisolles de l'Aisne, on trouve la curieuse forme latine Glisoriis en 12 14, dont on peut conclure qu'on a dit *Glisores en concurrence avec Grisoles au xme siècle. freel, mesure de figues, de raisin, etc., dont il y a de nombreux exemples dans Godefroy, me paraît être pour fleel, du ht. flagellum. D'ailleurs/^/ est presque aussi fréquent que freel.

La Fronsallière (Vienne), pour La Flossalière. Péaule (Morbihan), pour Pléaule.

pommeroge, précoce, mot berrichon, enregistré par Jaubert, est pour * promeroge, premeroge, primeroge1. Nous trouvons dans pommeroge le contrepied exact de promeloge, promenole étudiés ci-dessus. Sabroil2 pour Sabloil, Sablé (Sarthe).

Pourquoi y a-t-il 'parfois deux courants contraires dans la dissimilation ? C'est une question très difficile, peut-être insoluble, qu'on ne s'attend pas à nous voir traiter ici. Le livre de M. Grammont doit être le point de départ d'études nouvelles sur ce sujet. Tout en admirant la vigueur d'esprit dont l'auteur a fait preuve, on est obligé de constater que son information n'est pas encore assez large, ce à quoi il sera facile de remédier, et que sa méthode, toute à priori, est bien dangereuse, ce dont il faut espérer qu'il s'apercevra un jour.

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