‹ Essais de philologie françaiseChapitre 205 sur 251 · LXXXV. — REGAIN · texte numérisé non relu

LXXXV. — REGAIN

Diez a rapproché regain, qui se trouve en ancien français sous la forme simple gain, plus anciennement guaïn, de l'italien guaime, qui a le même sens; il en a conclu que gain (dans regain) était différent de gain, anciennement gaain, gaaing, substantif verbal de gagner, et devait s'expliquer par la combinaison du radical *waid de l'allemand moderne iveide, fourrage, avec le suffixe latin ïmen. Cette manière de voir a été adoptée délibérément par Scheler et par M. Brachet; mais M. Kœrting ne l'enregistre qu'avec un « peut-être » 2. Littré confond gain (dans regain) avec le substantif verbal de gagner. M. Cohn, dans son étude sur les changements de suffixe, soulève des objections contre l'italien guaime et cherche à montrer que gain peut fort bien venir de gagner*. Enfin, M. Meyer-Lùbke considère l'italien guaime comme emprunté au français guaïn au même titre que profime de provin, c'est-à-dire sans souci de la

1. Cf. ci-dessus, p. 20, 21 et 22, note 1. Entre le français rature et l'italien raditura ou l'espagnol raedura, il y a la même différence qu'entre le provençal cosdura, d'une part, et le provençal cosedura, de l'autre; le premier correspond à * cons utura, le second a * cons -\- itura.

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