Die Suffixwandlungen, p. 67 et 177 note
forme primitive du suffixe, et il n'admet pas l'existence en • français d'un suffixe in correspondant au latin imcn, puisque nourrain, seul exemple qu'il cite, n'est pas une création nouvelle, mais le représentant de nutrimen1. — Je crois, malgré tout, que Diez avait vu juste, et je vais m'efforcer de le prouver.
i° gaïn, regain, et gaaïng, gain, sont très distincts en ancien français, car le premier rime en in et le second en aing.
Exemples, à la rime, de gain, regain :
Gastiaus et vin
Et gras fromages de gain 2.
(Chrétien de Troyes, Erec, 3127.)
Si a veù en une pleigne Berbiz qui paissoient gain, Et entr'eles fu dan Belin.
(Renart, VIII, 176.)
Et li morsaus de cel engin Fu de fromage de gain.
(IHd., X, 4370
Primes dona dame Ca'in Do premier et do regain.
(Etienne de Fougères, Livre des Man., 745, Kremer.)
Exemples de gaaing :
Cligés neporquant sanz niebaing Part de l'estor a tôt gnehaing.
(Chrétien de Troyes, Cligés, 3607 ; même rime aux vers 3405-6.)