‹ Essais de philologie françaiseChapitre 207 sur 251 · Gramm. des lang. rom., II · texte numérisé non relu

Gramm. des lang. rom., II

2. Cette expression est encore usitée en Champagne, où l'on dit, par une amusante étymologie populaire, fromage de grain. (Tarbé, Patois de Champagne, II, 181.)

N'i out gaires Franceis qu'en turnast sanz mahaing, E mainz en i remest ki puis n'entra en baing ; Franceis orent grant perte e Normant grant gaaing.

(Wace, Rou, II, 804.)

2° La terminaison de gain représente-t-elle le latin inum ou îmen? C'est ce qu'il est à peu près impossible de prouver directement, car de bonne heure la phonétique et l'orthographe françaises ont confondu m et n à la finale. On notera cependant que l'un des meilleurs manuscrits de YErec écrit gaim % et le manuscrit de Soissons de Gautier de Coincy, waym2. Mais la dérivation est un contrôle encore plus sûr. Diez a déjà cité le rouchi waimiau, regain 3. On peut y ajouter l'ancien verbe regahner, dont notre regain actuel doit sans doute être considéré comme le substantif verbal 4 :

Quar je floris quant il iverne Et quant il fait esté je rime :

Emi ! contrepoil resuaïme.

(J. Bodel, Congés, 199.)

Et coroucier a lui meïsnie, Et ce toz jors li regaïsme.

(Rutebeuf, Voie de Paradis, v. 241-2 ; 3^ éd. Jubinal, III, 178-9.)

A côté de gahncl, substantif dérivé avec le suffixe ellum, représenté par le rouchi waimiau, nous avons

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