‹ Essais de philologie françaiseChapitre 208 sur 251 · Éd. Fœrster, var. du vers · texte numérisé non relu

Éd. Fœrster, var. du vers

2. Cité par Godcfroy, v° gaaïn : dans cet article sont confondus gain et gaaing.

3. Cf. le verbe rewammeUr (lire rewainmeler 7), dans Godefroy.

|. remprunte ces deux exemples au dictionnaire de M. Godefroy, art. regaaignitr ; M. Godefroy signale fort à point le verbe regamer, repousser, usité en Morvan.

Yadjcctiîgaïmal, avec le suffixe alis. Rabelais a fait aux prés guimaux de l'ouest une notoriété suffisante pour que je n'insiste pas1: « Pre% guimaulx sont prez qui portent herbe deux foys l'an », Garg., 42.

La forme primitive est donc sûrement gaïm, guaïm.

3° Le français n'a-t-il, comme le laisse croire M. Meyer-Lùbke, aucun autre mot à mettre au compte du suffixe im, latin ïmen ? Dans sa grammaire, Diez ne cite que gain et arsin. Je ferai remarquer que venenum est devenu * venimen (peut-être sous l'influence directe de crimen), d'où venin (ancien français venim), venimeux, envenimer, etc. 3, que sagina a, presque partout, cédé la place à *sagimen, d'où sain (de saindoux), anciennement sain, et les dérivés ensaïmer (voyez ensimer dans Hatzfeld-Darmesteter), essaimer (y oyez es simer , ibid.), saïme, saïmer, saïmeoire*; que farcimen a pris la place de farciminum, d'où farcinï ; que *capulimen est assuré par la

1. Je rappelle seulement que Ménage tire guimaux de *bimales, et que Le Duchat a rattaché guimaux à regain, mais sans trouver le joint.

2. Cf. l'art, gaaigneau du dictionnaire de M. Godefroy. Dans le plus ancien exemple, de 1366, la leçon g anneau doit indubitablement être corrigée engaimeau.

3. M. Meyer-Lùbke, Gramm. des lang. rom., I, § 116, et M. Cohn, Die Suffixwandlungen, p. 222, ne voient dans 'venin que la substitution du suffixe imtm au suffixe enum, ce qui ne rend pas compte de la dérivation ; beaucoup de formes des patois méridionaux appuient l'existence de * venimen et même de *venunien.

4. Cf. Cohn, Die Siiffixivandlungcn, p. 57. M. Meyer-Lùbke, Gramm. des lang. rom., II, §352, me paraît mal inspiré d'attribuer au français moderne la dérivation avec m et de la considérer comme fautive.

5. Il est plus naturel d'admettre * farcimen que * farciginem ; M. Meyer-Lùbke hésite entre les deux {leitschr., VIII, 236).

forme caplim, si fréquente dès l'époque de Charlemagne dans le Polyptique de Saint-Germain-des-Prés ; que alevin est attesté si anciennement x qu'il est impossible d'y voir une faute pour alevain et de ne pas admettre en latin populaire * allevinien. Je serais assez porté à reconnaître le même suffixe non seulement dans arsin2 et gain, mais dans crottin, f oursin, frapin, fretin et revolin 3 .

4° Parallèlement au français et à l'italien, le provençal nous offre gaïm, qui manque dans Raynouard :

Bel m'es quan son li fruich madur

E reverdejon li gaïm.

(Marcabru, ms. A, Studj ai fil. rem., III, p. 88.)

Ce n'est pas le seul représentant dans cette langue du suffixe imen : sans parler de noirim, bien connu, les anciens textes offrent aguxjm, pointe, qui est dans Raynouard, et revolim, tourbillon, employé par Marcabru. En outre, je restitue sans hésitation *a%itn, de *acîmen, d'après le provençal moderne asima, agacer les dents. Dans l'Ouest, imen paraît avoir supplanté de bonne heure muni : gascon fresquin, sauvagin, etc., poitevin etsaintongeais fraichin. La forme revolim dans Marcabru 4 n'est peut-être qu'un gasconisme pour * revolum, mot qu'on

i. Cf. G. Paris, dans Roman/a, 1889, p. 132-135. On s'étonne de ne pas trouver ce mot dans le livre de M. Colin.

2. M. Meyer-Lùbkc, Gratnm. des lang. rom., II, § 444, considère arsin comme une altération de arsain, mais cette dernière forme ne se présente jamais en ancien français.

3. M. Uhlrich a proposé * putfimen pour expliquer purin (Zeitschr . fur rom. PhiL, XI, 557), mais c'est inadmissible.

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