LXXXVII. — REST
Diez a justement rattaché au latin restis, corde, et par extension queue de l'ail, de l'oignon, l'italien resta, l'espagnol ristra, le portugais resta ou restia et le provençal rest, tous mots qui désignent essentiellement la réunion de plusieurs têtes d'ail ou d'oignon au moyen de l'entrelacement des queues. Le mot existe aussi en ancien français, où l'on ne paraît pas l'avoir remarqué2.
M. Godefroy a enregistré pêle-mêle avec res — rasus les quatre exemples suivants, où il s'agit manifestement de rest = restis : « Une rets d'aus, Bernard le Trésorier, Contin. de Guill. de Tyr. — Une re% d'aus, une
4. Leroux, Molinier et Thomas, Doc. hist. sur la Marche et le Limousin, I, 159, cf. Ibid., II, 312.
1. Quelques patois l'ont conservé jusqu'à nos jours. Mon collègue et ami M. Jeanroy me signale dans la Meuse l'expression un rè d'oignons, enregistrée sous la forme rai dans le Glossaire de M, Labourasse.