‹ Essais de philologie françaiseChapitre 217 sur 251 · XC. — RUISSEAU · texte numérisé non relu

XC. — RUISSEAU

L'étymologie ruisseau = *rivicellum, que Diez a empruntée à Ménage, a été combattue par MM. Fœrster3 et Grœber4, mais ils n'ont pas réussi à asseoir quelque chose de définitif à sa place. M. G. Paris a proposé *riviscellum'>, qui est bien près d'être satisfaisant : on peut en effet admettre le développement *rivicsellu, *rivcsello, *riuissel, missel . Mais, d'une part, il est difficile de rattacher *riviscellum à la morphologie normale; de l'autre, les formes de l'ancien français roissel, rossel, sur lesquelles M. Fœrster a attiré l'attention, restent inexpliquées. On a, je crois, une meilleure base avec *rïvuscellam, *riucsello, rioissel, roissel. La réduction de ioi à ai peut être rapprochée de celle de eui à ni dans crui = *credui, bui = *bibui, dui === debui, etc6. La forme normale serait donc roissel; les

1. Le mot est dans Virgile et dans Festus. (Cf. Du Cange, v° rusti.~)

2. Meyer-Lùbke, Gramm. der roman. Spr., II, § 403. Cf. ci-dessus, p. 74.

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