Charte 501, page
2. Documents sur la Marche et le Limousin, p.p. Leroux, Mohnier et Thomas, I, 1 59.
sulat de Limoges qui parle de la vacance du siège : quan la sea vaccava1. A Tarbes, en 1377, la salle haute du palais épiscopal s'appelait la seda2. En voila, je crois, assez pour convaincre le lecteur que le provençal seda, se%a ou sea n'est pas « problématique » comme l'a qualifié M. KôrtingS. Il faut donc que dans le Midi de la France le latin sèdes, à cause de son genre féminin, ait changé de bonne heure de déclinaison et ait passé à la première, comme l'a iûtpvx} dont on ne connaît d'autre représentant provençal que pega.
En ancien français le mot siet, sié s'emploie également au sens général de « siège, capitale » et au sens spécial de « siège épiscopal ». Il est masculin, et tant à cause de cela qu'à cause de la diphthongaison de Ve en ie, on a imaginé de le tirer d'une forme * sèdiim, qualifiée substantif verbal de sëdere. Ne serait-ce pas sèdes lui-même qui aurait changé de genre et subi l'influence de sëdeo ? Je ne sais. En tout cas, le * sêda postulé par le provençal règne aussi en Poitou. Il y avait jadis dans le diocèse de Poitiers un archiprêtré qui fut primitivement annexé à un canonicat de l'église cathédrale et dont le siège était à Dissay : on l'a appelé jusqu'à la Révolution l'archiprêtré de la Sie ou même de Lassie, sans comprendre la signification de cette expression 4. Sie est une altération de see : cette dernière forme se trouve au xve et au xvie siècle et elle correspond fidèlement au sea limousin.