XCII. — SEU
Littré a enregistré sous la forme soue un substantif féminin qui signifie « étable à porcs » et qui est très répandu dans les patois français. On trouvera dans le dictionnaire de M. Godefroy, à l'article sou, plusieurs exemples du moyen âge, et, à la fin, la répartition géographique des formes seu, sou ou so, usitées dans les patois. M. Horning a vu juste en rapprochant du français seu le provençal moderne sout, qui a le même sens * ; le rapprochement est d'ailleurs fait par Mistral. Mais il n'est pas possible d'accepter, comme le fait M. Horning, Pétymologie par le latin sûdis, pieu, indiquée par Du Cange. Si, en effet, le français s'en accommode, le / du provençal proteste2 : sûdem aurait donné so, sou, comme pedem a donné pe, comme fidem a donné fe, etc. Il faut remonter à sùte, sôte, qui est précisément la forme qu'offrent les meilleurs manuscrits de la Loi salique: « Si quis sutem (variante sotenï) cum porcis incenderit? ». Du Cançe a mis en cause aussi l'ailemand suten, c'est-à-dire sautenne, proprement « aire à cochon ». Le manuscrit d'Esté de la Loi salique a précisément comme glose : « Suie : id est ara (corrigez