FRANÇAIS MODERNE
Basse-courier, basse-cour 1ère, homme, femme chargée du soin de la basse-cour (Littré).
Banqueroutier, dérivé de banqueroute (Académie).
Bêgueulerie, dérivé de bégueule (Académie, depuis 1798 seulement).
Billebauder , dérivé de billebaude (Littré).
Bonbonnerie, bonbonnière, dérivés de bonbon1.
Bouleversant (Littré), bouleversement (Académie), dérivés de bouleverser.
Caillebotis, caillebotter , dérivés de caillebote, caillebotte (Littré).
Chacunière, dérivé de chacun (Littré).
Champlevage, action de champlever un émail. « Au
1. Sit^ungsber. der k. Preuss. Acad. der Wissensch. %u Berlin, 1893, 19 janvier.
2. Bonbonnière est dans tous les dictionnaires ; quant à bonbonnerie, qui est moins usité, je le relève dans les premières lignes de l'article bonbon de La Grande Encyclopédie : •.< La liste des produits qui sont du ressort de la bonbonnerie est considérable. »
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xie siècle ont lieu les premier essais de champlevagc » (Ch. Girard, art. émail dans la Grande Encyclopédie, t. XV, p. 873).
Chanfreiner, dérivé de chanfrein (Académie).
Chantepleurer , mettre du raisin dans la chantepleure et le piétiner (Littré).
Chanlournage, chanlournement , dérivés de chantourner (Littré).
Chat-huané, dérivé de chat-huant (Littré).
Chattemiterie, dérivé de chattemite (Littré).
Chavirement, dérivé de chavirer (Littré).
Cor nem user, cornent useur, dérivés de cornemuse. Littré ne donne que cornemuseur , mais le substantif suppose le verbe, qui se trouve dès le xive siècle, et qui est employé par Georges Sand d'après le patois du Berry (Godefroy).
Court-bouillonnê, dérivé de court-bouillon (Littré).
Demi-ceintier, dérivé de demi-ceint (Littré).
Demi -soutier, avare, qui coupe les sous en deux (Yoy. Abbé Tougard, dans Bulletin critique, 5 avril 1896, p. 191, note).
Eaubénitier et aiguebenitoir, dérivé de eau bénite (Littré et Godefroy).
Fainéanter, fainéantise, dérivés de fainéant (Académie).
Garde-robier , dérivé de garde-robe (Littré, suppl.).
Gobe-moucherie, gobe-moucherons, dérivés de gobemouches (Littré).
Grand-ducal, dérivé de grand-duc (Académie).
Gralle-boésser, dérivé de grulte-boë'ssc (Littré).
Lieutenance, dérivé de lieutenant (Académie).
Maintenance, mainteneur, maintenue, dérivés de maintenir (Académie).
Malaisé, dérivé de malaise (Académie). Darmesteter, d'accord avec Littré, considère malaisé comme composé de mal, adverbe, et de aisé.
Malencontreux, malencontreusement, dérivés de l'anc. français maie encontre (Académie).
Malheureux, malheureusement, dérivés de malheur (Académie). Darmesteter hésite à suivre Littré qui considère malheureux comme composé de mal, adverbe, et de heureux, et il indique avec réserve la dérivation directe de malheur.
Maltôtier, dérivé de maltôte, autrefois maletolte (Académie).
Menu-vairé, dérivé de menu vair, terme de blason (Mozin, Dict. franc. -allemï).
Mi-partition, dérivé de mi-parti (Littré).
Mordorure, dérivé de mordoré (Littré).
Morfondure, dérivé de morfondu (Académie).
Nordester, nordouester, dérivés de nord-est, nord-ouest (Littré).
Œufrier, vase dans lequel on fait cuire des œufs frais. Littré, qui enregistre ce mot, le considère comme un simple dérivé de œuf; je crois qu'il faut y voir un dérivé de œuf frais.
Orpimenter, dérivé de orpiment (Littré et Godefroy).
Passefilage, passefilure, dérivés de passefiler (Littré).
Pelleversage (Littré), pelleversoir (Littré, 2e suppl.), dérivés de pelleverser.
Pourcentage, dérivé de pour cent (Littré, suppl.).
Prifaiteur, dérivé de prix-fait (Littré, suppl. v° prix* faiteur et Godefroy, v° prifaitcur).
Printanier, dérivé de printemps (Académie).
Saugrenuité, dérivé de saugrenu (Littré).
Saumurage, saumuré, dérivés de saumure (Littré).
Saupoudrage, sa u pond roi r, dérivés de saupoudrer (Littré, suppl.)
Tire-bouchonné, dérivé de tire-bouchon (Littré, suppl.).
Ver juté (Académie), ver juter (Littré), dérivés de verjus.
Vert-de-grisé, dérivé de vert-de-gris (Littré).
Dans tous les mots qui précèdent, la dérivation est claire et s'exerce au moyen de suffixes bien connus. Quelques autres nous offrent des exemples de dérivation impropre et demandent à être groupés à part.
Fainéauce est employé par Montaigne, Essais, III, 9, comme synonyme de fainéantise. C'est une formation due à l'analogie des couples comme bienfaisant,' bienfaisance ; bienveillant, bienveillance; confiant, confiance, etc.
Maintien est un substantif verbal de maintenir, qui a servi de modèle à entretien, soutien, et à l'anc. franc. chatieu.
Vainpasturer, dont M. Godefroy a recueilli un exemple de 1494, a été tiré de vain past tirage.
J'ai réservé pour la fin un mot de formation singulière qu'on sera peut-être étonné de trouver ici, guet-apens. On sait qu'on a dit jusqu'au commencement du xvr' siècle guet apensé et ûguet apensé, spécialement dans la locution adverbiale de guet apensé. C'est de cette locution qu'on a tiré globalement le moderne
gnet-apens, qui est une manière de substantif verbal, et non un composé direct — qui serait inexplicable — de guet et de l'ancien substantif apens.
La dérivation des mots composés est peut-être encore plus riche en provençal qu'en français. Je ferai remarquer tout d'abord que quelques-uns des mots cités plus haut ne sont que des francisations locales de termes proprement méridionaux. Tel est le cas pour pelleversoir « fourche a deux dents dont on fait usage pour la culture du maïs dans le Lauraguais », tiré de pellever ser, simple transcription du provençal palaversa. Tel est le cas aussi pour prifateur, « nom donné dans la Gironde à des ouvriers avec qui les propriétaires agricoles traitent à forfait ». On peut voir dans Godefroy les articles prifachier et prifateur, qui ne contredisent pas cette assertion, tant s'en faut : prifachier n'est appuyé que sur un prix-fait d'Arles et sur une citation d'Olivier de Serres1; et prefateur ou priffateiir ne se trouve que dans les comptes des mines de Jacques Cœur, sises, comme on sait, en Lyonnais et en Beaujolais.
Enfin je suis porté à croire que les noms de draps dont il a été question ci-dessus, comme dix-huitain, etc., ont été formés a l'imitation des mots provençaux correspondants que l'on trouvera dans Mistral, dès-evuechen, etc. En effet on lit dans le Dictionnaire du Commerce de Savary des Bruslons, à l'article vintain : « Ces différents termes de vingtains, vingt -de uxains , etc., que quelques-uns prétendent être venus d'Angleterre,
i . D'ailleurs la présence du ch dans prifachier est suffisante, à elle seule pour trahir un mot provençal.
LES NOMS COMPOSÉS ET LA DÉRIVATION 6j
ne sont presque en usage que dans les fabriques de Provence, Dauphiné et Languedoc.»
Les dérivés de mots composés sont plus rares dans les textes provençaux anciens que dans les textes français : cela tient surtout à ce que beaucoup de ces mots ont été créés à une époque relativement récente, pour laquelle les textes provençaux deviennent plus rares à proportion que les textes français deviennent plus nombreux. Voici ceux que j'ai rencontrés :
Auranoar, goûter, faire collation. Mot gascon relevé dans le glossaire des Comptes de Riscle publiés par MM. Parfouru et de Carsalade. Je retrouve ce verbe dans les comptes de Montréal-du-Gers (1411-1414), ainsi que le substantif auranoa, d'où il est dérivé : nAuratwem la bespra de Pasquas... Donemlo auranoa a lu e als caratès1. » Je suppose que auranoa a pour étymologie le latin hora noua.
Auripelat, dérivé de auripel, oripeau : charte de 1343 citée par Raynouard.
Bonailransa, bonaiirat, bonaiïretat, bonaûros, correspondant à l'anc. franc, boneùrè, boneïiros, boneiirté, se trouvent quelquefois (Voy. Raynouard et le Proveu^. Siipplem.-Wôrîerbuch de M. E. Levy.)
Bonomia, correspondant au franc. « bonhomie », dans Raimond Féraut, cité par Raynouard.
Capcasalier, adj. dérivé de capcasal: maio capcasalera, charte de 1294, citée par Raynouard.
1. Comptes des consuls de Montréal- du-Gers (1411-1414), par M. l'abbé Breuils. Première partie (Bordeaux, 1895 ; extrait du t. XXIX des Arch. hist. de la Gironde), p. 19, art. 31, et p. 22,
art. 1 1 .
Thomas. 5
Capmasil, dérivé de capmas : ab totz los carrimas els cammctxils , charte de 1266, citée par Raynouard, qui traduit bizarrement cammaxjl par « campménil », mot qui n'est pas plus français que provençal.
Captenh, captemmen, captenensa, dérivés de capleuer, sont fréquents. On remarquera que captenh, comme plus loin mantenh, doit être très ancien, puisqu'il repose sur une désinence en -ium du latin vulgaire.
Cartenensa, dérivé de l'expression verbale car tener, considérée globalement, se trouve dans Flamenca et est cité par Raynouard.
Carvenda, substantif verbal tiré de car vendre, considéré globalement, se trouve dans Raimon de Miraval cité par Raynouard. L'existence de ce mot justifie, jusqu'à un certain point, l'orthographe carvendre adoptée par Raynouard et blâmée par MM. Stichel et Levy.
Cornamusaire se trouve sous la forme cornamusaire, due sans doute à un copiste moderne, dans une charte du xive siècle citée par Raynouard.
Malaùrat, malauros, correspondant à l'anc. franc. maleuré et au franc, moderne malheureux, sont fréquents.
Malmescliu, dérivé de l'expression verbale mal mesclar considérée globalement, se trouve chez plusieurs troubadours, notamment P. Vidal, P. Cardinal et R. de Miraval. Je considère que mal a été d'abord substantif; c'est pourquoi j'enregistre le mot ici.
Manleu, substantif verbal de manlevar, emprunter, est fréquent et s'est maintenu jusqu'à nos jours.
Mantenh, manteneire, mantenemen, et mautenensa, dérivés de mantener, se retrouvent en français. Ce qui
est particulier au provençal, c'est la création de desmantener et de son dérivé desmantenensa, et surtout d'un adverbe mantenenmen, dont Raynouard cite deux exemples empruntés à P. de Corbiac.
Mechlogan, dérivé de mechlog, milieu, (cf. plus haut l'anc. franc, meiloaïn).
Mentagudamcn , adverbe tiré de mentaver, se trouve dans une charte de 1285 citée par Raynouard.
Milgranier, grenadier, dérivé de mïlgrana, est dans les Leys d' A mors et n'a pas cessé d'être usité.
Prodomia, dérivé de prodome, prud'homie, est relevé par Raynouard dans la Chronique d'Arles.
Profemnia, dérivé de profemna, et correspondant à prodomia, est dans les Leys d' A mors, à qui Raynouard l'emprunte pour le traduire (?) par « prufemmie ».
Oucacomet, diminutif de queacom, « un petit peu » est dans Raynouard : cf. le provençal moderne quicoumet, qukoumeto, quaucoumet, qui a le même sens.
Senmartiaument, adverbe, a été relevé par M. Luchaire dans le Livre d'or de Bayonne à la date de 1258, avec le sens de « à toutes les fêtes de saint Martin » (Recueil de textes et glossaire de l'anc. dial. gascon, p. 195).
Terragarda, substantif verbal de terra gardar, considéré globalement, se trouve dans un texte de 1294 cité par Raynouard.
Grâce à l'inappréciable Trésor dou Felibrige de Mistral, il est facile de se rendre compte de la richesse relative de la dérivation des noms composés dans les parlers actuels du midi de la France. Voici une liste, qui n'est sans doute pas complète, mais qui, je
l'espère, paraîtra raisonnablement fournie. Je ne donne de références que pour les mots ou les significations qui manquent dans le Trésor dou Felibrige, et c'est le petit nombre. Je me borne à rappeler que la dérivation s'exerce, comme en français, et même plus abondamment, sur les noms de nombre composés : dès-e-seten, dès-e-setenco, vint-e-cinqueno, trescenteimt, etc.
Aigo-ardentié, eigardentié, fabricant, débitant d'eaude-vie (aigo-ardento) . Littré a admis aigueardentier dans son supplément avec cette remarque : « s'est dit, au xvie s., à Genève. »
Aigo-boulideto, petit potage à l'ail (aigo-boulido) .
Aigo-signadié, aigo-signè, bénitier, porteur d'eau bénite (aigo-signado).
Aigo-vers, ligne de partage des eaux, subst. verbal de l'ancien verbe aigaversar (cf. Annales du Midi, juillet 1897, p. 362).
Aplenpougna, saisir à plein poing, aplenpougnaire, celui qui empoigne, dérivés de a plen poung.
Arc-vouta, arc-bouta, voûter, garnir d'une voûte (arc-vout).
Aubouissa, jouer du hautbois, aubouissado, son, air de hautbois, aubouissaire, hautboïste, aubouisset, petit hautbois (auboi).
Auripela, chamarrer d'oripeaux; auripelage, chamarrure (auripèï).
Avantierasso, davantierasso, il y a quelques jours, jadis (avantier).
Bate-coura, baticoura, avoir un battement de cœur Qmtc-cor, bâti cor).
Blad-negriero, champ de blé noir (blad-negre). A Saint-Yrieix-la-Montagne (Creuse), on dit, avec un autre suffixe, blonegrau, subst. masc. qui s'applique à la terre où l'on vient de récolter le blé noir.
Blad-negro, blad-negreto , pain de blé noir, en Rouergue.
Bon-journet, bon-jouret, petit bonjour.
Camboligo, jarretière, camboligueto , petite jarretière (camboliga).
Cambo-virolo, culbute (cambo-viroula) .
Canto-aucela, faire la chasse aux perdrix avec un appeau, canto-aucdairt, chasseur à la pipée (canto-auceï) .
Cap-davantié, qui tient la tête, qui marche devant (cap-davanî).
Cap-lèvo, cap-leveto, bascule, branloire (cap-leva).
Cap-roudello , roulette (cap-roiidela) .
Cap-virado, extrémité d'un champ, endroit où tournent les bœufs (cap-vira).
Cap-viroulic , cap-biroulic, tête légère, en Guienne (cap-viroula).
Carcmentra, entrer dans le carême, carementreto, avant-dernière semaine du carnaval, ou premier dimanche de carême (carementrati).
Cargo-pelha, bruiner (cargo-pelho , bruine, proprement « ce qui charge les vêtements »).
Carreliechat , ce que peut tenir l'intérieur d'un char, d'un tombereau, en Rouergue (carreliech) .
Car-saladié, car-salaire, marchand de viande salée, charcutier (car-salado).
Caus-fourna, cuire la chaux, caus-fournié, chaufournier (causfouf). •
Co-lèvo, coulleu (Montpellier), bascule (co-leva).
Coueto-lebet, hochequeue, diminutif de coueto-lèbo.
Coàpourtage, colportage, coùpourtaire, colporteur.
Court-boulhounat , court-bouillonné.
Cronsto-lêvo (faire), se dit du pain dont la croûte, sous l'action d'une chaleur trop violente, s'est séparée de la mie (croasto-leva) .
Denantoara, cueillir, faucher, éveiller, marier trop tôt, dérivé de amant ouro, avant l'heure.
Douçamenet, douçamentet, douçamentot, tout doucement, doucettement. Dans Vie d'enfant de Batisto Bonnet, récit récemment publié avec présentation et traduction de M. Alphonse Daudet, je lis plusieurs fois la variante douçameneto, non indiquée par Mistral, p. 20, 86, etc.
Estremouncia, donner l'extrême-onction. Le mot n'est pas seulement usité en Bas-Limousin, comme le dit Mistral, mais en Gascogne, notamment à Gimont et à Saramon (Gers).
Ferre-blancarié, ferblanterie, ferre- blanquié, ferblantier.
Flourdalisa, fleurdeliser, flourdalisto, partisan de la fleur de lis, royaliste, dans le Gard.
Gardo-mangiéu, garde-manger, à Marseille. Le suffixe ieu (lat. ïlè) a été ajouté au radical de gardo-manja, à cause du sens.
Gendarma, gendarmarié, gendarmeu, gendarmer, gendarmerie, gendarmeau.
Gradalha, trotter avec un grain d'ail.
Grato-bouissa, gratte-boesser, dérivé de grato-bouisso, gratte-boesse.
Grato-culié, églantier, dérivé de grato-cuL
Jouinomet, jimomenot, petit jeune homme (v. Mistral, v° jouvenome).
Maucoura, décourager, maucouraire, celui qui décourage, maucouramen, découragement (niau-cor).
Maugrabia, maugréer (inaugrabieu, pour maugraàiciî) .
Miecho-ourado , durée d'une demi-heure ; miechoureto , une petite demi-heure (tniecho-ouro) .
Miejourna, prendre le repas de midi ; miejournàri, vent du midi ; miejotirnau, miejournen, méridional (tniéjour).
Miôugraneto, petite grenade, miôugranié, grenadier (miôugrano).
Pai-granas, un grand et gros garçon qui n'est propre à rien, à Nice (pai-gran, pour paire-grand).
Pàlaficage, action déplanter avec un. pieu; palaficairc, celui qui plante (palafica).
Palavers, pelle de jardinier; palaversado, travail fait à la bêche ; palaversaire, ouvrier qui bêche ; palaverso, bêche (palaversa).
Palavire, coup de pelle, horion, en Dauphiné (palavira).
Paii-de-senas, augmentatif de pau-de-sen, qui a peu de sens, imbécile.
Parabandoiin, ridelle (parabando).
Parafulha, lambrisser (parafuelh),
Paro-pluiaire, fabricant, marchand de parapluies.
Paro-soiila, couvrir d'un parasol.
Pciro-jicdire, paveur, en Rouergue (peiro-Jica).
Pcis-saladicro, espèce de tourte, à Nice (peis-sala).
Peto-fouirié, saule épineux (pelo-fouiro).
Peulho, ruban (pour lier les cheveux) ; peulheto, petit ruban (peu-lia).
Pèu-mudage, mue (pêu-muda).
Peu-tirado, peu-tirage, peu-tiro, prise aux cheveux; peu-tiraire, celui qui tire les cheveux ; peu-tireja, tirailler {peu-tir a).
Pico-poulié, cep qui porte le pico-poul, et micocoulier (pico-pouî).
Pifourca, enlever la paille avec le pifourc.
Plan-panet, plan-planeto , plan-planin , tout doucement {plan-plan).
Porto-feissage, métier de portefaix.
Pres-fachié, pres-fachiero, tâcheron, ouvrier, ouvrière à la tâche (pres-fach) .
Primauben, relatif à l'aube (primo-aubo) . Je relève ce mot, qui .n'est pas donné par Mistral, dans la Vie d'enfant de Batisto Bonnet, déjà citée, p. 20 : « Li troumpetaire dôu jour avien pas embandi si cacaraca primauben. »
Printenen, du printemps: « Li raissado dôu soulèu printanen, » B. Bonnet, Vie d'enfant, p. 4. Mistral ne donne que printanié, printaniero, gallicismes manifestes.
Puto-fina, gâter, dissiper, proprement faire faire mauvaise fin (puto-fin).
Sang-glaçamen, refroidissement du sang (sang-g laçai).
Sant-genaire, pèlerin qui va à Saint-Gens (Vaucluse).
Santi-belliaire, marchand de statuettes italiennes dites santi-belli.
Sant-jacaire, pèlerin qui va à Saint-Jacques de Compostelle.
Sant-janen, qui mûrit à la Saint-Jean, hâtif; sant-janenco, pomme de la Saint-Jean et sorte d'anguille (v. Mistral, v° janen).
Sant-janet, cytise, arbuste qui fleurit à la Saint-Jean.
Sant-miquelet, agaric qui naît à la Saint-Michel.
Sant-miquèlo, sant-miquelenco , oronge blanche, champignon.
Saumura, imbiber de saumure.
Saupi, salpie, éclaboussure ; saupicado, ce qu'on saupoudre en une fois, volée de coups; saupicaduro, partie saupoudrée ; saupicage, action de saupoudrer ; saupicaire, celui qui saupoudre; saupiquet, saupiquet {s au pied).
Saupousc, éclaboussure des vagues (saupousca).
Saupresado, cervelas (sauprés, chair qui a pris le sel).
Terro-bassen, habitant des terres basses.
Vaurienas, augmentatif de vaurien, vaurien. Ici, il est vrai, la dérivation s'est exercée sur un mot emprunté du français, dont les éléments composants n'étaient probablement plus distincts.
Vinagrello, oseille de brebis ; vineigra, vinaigrer ; vineigrado, plat de légumes au vinaigre; vineigrelo, vinaigrette, flacon à mettre le vinaigre, épine-vinette ; vineigrié, marchand de vinaigre, tonneau, vase à vinaigre; vineigriero, flacon, vase, tonneau à vinaigre, marchande de vinaigre, femme acariâtre; vineigrous, qui tourne au vinaigre.
Jlro-passo, culbute (viro-passa) .
74 ESSAIS df: philologie française