‹ Essais de philologie françaiseChapitre 224 sur 251 · SU AGE · texte numérisé non relu

SU AGE

sôca ?Diez y avu le basque soha, qui a le même sens, tout en indiquant des rapprochements avec les idiomes celtiques. L'origine basque est bien invraisemblable, vu l'extension ancienne de soca: on trouve, en effet, socas tortiles dans une formule du temps de Justinien, écrite en Italie, et sogas octo, en 626, au fond du Limousin l . Les Basques me font l'effet d'être plutôt emprunteurs que prêteurs2. D'autre part, M. Loth voit dans l'armoricain sug, gallois syg, un emprunt au latin vulgaire sôca*. Si c'est là le dernier mot de la philologie celtique, nous voilà bien en peine.

Au français souage paraît se rattacher l'ancien italien sovaggia, enregistré par Oudin qui le traduit par « bouterolle », et l'italien actuel sovvaggio, sovvaggiolo, tampon, renflement (Tommaseo). Je remarque aussi' les deux exemples milanais suivants, insérés par les Bénédictins dans Du Cange : « Alia bussula deaurata cum soaxiis granutis ; salinus unus deauratus cum soaxe straforato. » C'est bien là exactement le souaçe des anciens inventaires français : la traduction par « cou-

1. L'exemple du temps de Justinien est dans Du Cange; l'exemple limousin figure dans un partage de terres publié en dernier lieu par Julien Havet, Bibl. de l'Éc. des Chartes, 1890, p. 49-

2. Le c basque peut remonter au c du latin vulgaire, mais il peut aussi être un assourdissement du g espagnol. Dans l'article que M. Schuchardt a publié en 1887 sur les emprunts du basque au roman, je vois, à côté de pake ou balte, et phartika ou pherlika, qui paraissent empruntés du latin pacem, pertica, le mot palahna ou balakua qui est l'anc. espagnol faîago. {Zeitschr.jùr rom. Phi}., XI, 502.) Van Eys considère le basque soka comme emprunté à l'espagnol soga.

3. Les mots latins dans les langues britloniqnes, p. 209 et 232.

vercle », proposée dubitativement par les Bénédictins, n'est pas admissible.

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