‹ Essais de philologie françaiseChapitre 233 sur 251 · XCIX. — VILEBREQUIN · texte numérisé non relu

XCIX. — VILEBREQUIN

Vilebrequin est d'origine flamande, cela va sans dire; mais, abstraction faite du suffixe diminutif quin, que tout le monde y reconnaît, sa structure n'est pas claire. Je vois que Kôrting adopte l'étymologie de Scheler, d'après laquelle le type flamand serait mielboorken, de préférence à celle de Frisch, endossée par Diez, zuinboreken1. Mais la coexistence d'un / dans ivielboorken et dans vilebrequin, n'est qu'un trompel'œil. Littré ne cite pour le moyen âge qu'un exemple d'Olivier de la Marche, où le mot est écrit wibrequin. Il semble certain qu'on a dit par étymologie populaire virebrequin, puis par dissimilation vilebrequin. Je propose de jeter par-dessus bord non seulement le « vin » de Ménage, le « tourner » de Frisch et de Diez, et la « roue » de Scheler, mais même le verbe boren « percer », que tout le monde croit trouver dans vilebrequin. Diez a mentionné à titre de comparaison l'ancien néerlandais zuimpelhin et l'anglais wimble2 qui ont exactement le sens de notre vilebrequin. Là est la source du mot français. Je puis citer à l'appui une forme plus ancienne que celle d'Olivier de la Marche, et qui ne laisse aucun doute, c'est wembelhin qui se lit dans les Dialogues français-flamands publiés par Mi-

1. Ménage avait déjà proposé « le bas allemand iviuborken, qui veut dire percevin ». Mais Frisch voit dans le premier élément du mot le verbe winden, tourner, et non le subst. wein.

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