II. CESERINA
L'article 65 du troisième inventaire est ainsi conçu : « 2 ceserine co dua mazocchi ». L'éditeur se déclare incapable d'expliquer ce mot qui manque dans la Crusca. Je propose d'identifier ceserina avec cesarana, donné, au pluriel, par Oudin et ainsi défini par lui : « Cesarane, sorte de chaisnes d'orfèvrerie en Italie. » Cela fait, il est difficile de méconnaître la parenté de cesarana avec le mot français jaseran, encore vivant dans quelques patois au sens de « chaîne de cou à mailles » et que Nicot définit ainsi dans son Thresor de la langue française : « On appelle jaseran aussi la
x. Annales du Midi, V, $01.
chaîne d'or ou d'argent qui est de telles grosses mailles couchées et serrées, dont les femmes font souvent des bracelets. » On sait que jaseran, en très ancien français ja^erenc, signifie proprement « d'Alger » et s'applique au haubert ou à la cotte de mailles. En ce sens l'italien dit ghiazgerino, mot qu'il a vraisemblablement tiré du français par une substitution de suffixe. On trouve aussi l'expression maglia ga^arina, dont ceserina est une variante substantivée.