LE DRAME DE « GLAIZÉ » ET LE « CADENAS » DU LOT
et, sous une forme dérivée, dans le mot français bruyère, est tout à fait distinct de broga, encore que l'on puisse admettre une variante *briïca, à côté de brilca, et qu'il y ait bien des vraisemblances en faveur de l'origine celtique de bruca.
Post-scriptum. — Une communication de M. l'abbé Devaux, professeur à l'Université de Lyon, me permet d'ajouter un très intéressant complément à la note que l'on vient de lire. Je ne puis mieux faire que de transcrire les propres termes de M. l'abbé Devaux, extraits d'une lettre du 26 mai 1894:
Votre note sur broga m'a déjà rendu service. Dans le lexique des Terres-Froides, toujours, et pour longtemps encore, en préparation, j'avais un mot que je ne savais comment expliquer : breva, avec un e sourd accentué, qui signifie « ados entre deux champs labourés, limite commune de deux champs. » (Chapellede-Nerlas, canton de Saint-Geoire, Isère). Évidemment, c'est le représentant d'un ancien *brova, venu de broga. C'est probablement le point le plus septentrional du Sud-Est où l'on puisse trouver un successeur de broga: il serait étonnant que le mot entré dans le nom des Allobroges n'eût pas laissé de trace chez nous.