ESPAR
Ce mot signifie « échalas » en bas-navarrais. M. Luchaire a raison, contre M. Van Eys, de le considérer comme étranger au fond basque primitif et de le rapprocher au gascon esparroun, balustre d'une galerie, barreau d'une échelle. Le Trésor doufelibrige, de Mistral, permet de faire un rapprochement plus précis avec esparro, substantif féminin employé dans presque tout le Midi pour signifier « traverse, échelon » et même « échalas » en Gascogne. Mais c'est faire fausse route que de considérer le gascon espar re comme identique à l'italien spolia, provençal espatla, français épaule, et de le ramener au latin spatula. Le gascon esparre a pour correspondant le provençal esparra et le français éparre (qu'on écrit ridiculement épari): c'est un mot d'origine germanique, allemand sparren, barre, chevron.
PEDOI.
Ce mot désigne, en bas-navarrais, une espèce de serpe. M. Schuchardt énumère pêle-mêle pedoi avec le labourdin puda ou poda. Il considère ce dernier comme emprunté d'un substantif poudo, tiré de pouda, émonder, latin pûtare, et il a parfaitement raison ; mais pedoi n'a rien à voir avec ce radical ni avec l'espagnol podon, serpe, ou le limousin poudou, serpette, qui en sont dérivés. Le basque pedoi n'est autre que le béarnais bedoi, bedouy, bedoulh, qui a exactement le même sens et qui, tout comme le français vouge, vient du latin vulgaire vidubium, d'origine celtique. C'est