‹ Essais de philologie françaiseChapitre 56 sur 251 · LA SIGNATURE DE LA REINE ANNE DE RUSSIE I6J · texte numérisé non relu

LA SIGNATURE DE LA REINE ANNE DE RUSSIE I6J

tout à fait le rôle de notre e muet, puisqu'elle ne se fait pas entendre. Mais elle a eu autrefois une valeur propre.

Dans la première édition de sa Grammaire comparée des langues slaves1, Miklosich déclare, qu'à son avis, cette lettre a dû avoir le son de Vu bref: de là, la transcription par un ù adoptée par M. Couderc, sur les conseils de M. Léger, conformément au système suivi par Miklosich. Dans sa seconde édition2, Miklosich a légèrement modifié sa manière de voir : ce n'est plus le son d'un u bref (kurdes u), mais celui d'un u à peine sensible (yerklingendes u) qu'il attribue à la lettre T>. Ce qu'il entend par verklingendes u, il le précise par des comparaisons : en dehors des langues slaves, dit-il, le même son existe en roumain, en français, en albanais et en arménien, et pour le roumain et le français, il se borne à renvoyer à la Grammaire comparée des langues romanes de Diez. Nous voilà tout à fait édifiés. Le roumain, au temps où il s'écrivait en caractères cyrilliques, notait précisément à l'aide du Tb un son obscur qui est, à très peu de chose près, le même que celui de Ye français, qualifié assez improprement à'e muet. Diez a exagéré l'expression de sa pensée lorsqu'il écrit à propos de cette voyelle du roumain : « On la compare d'ordinaire à Ve muet français, bien qu'elle s'en distingue essentiellement en ce qu'elle compte pour une syllabe et plus encore en ce qu'elle peut recevoir l'accent et même être longue *. » Même

i. Wien, i8r)2, t. I, p. 71.

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