‹ Essais de philologie françaiseChapitre 66 sur 251 · Die germai! ischen Elemente, p · texte numérisé non relu

Die germai! ischen Elemente, p

2. La même opinion avait été émise au xvne siècle avec quelque hésitation par Caseneuve. Voici ses paroles : « Aisance, commodité, facilité. Je ne sais s'il vient de même source que aisé et aise. Toutefois, nous le pourrions avoir formé du latin barbare d'ceutia qui se trouve dans la charte 39 delà centurie des chartes allemandes que Goldast a fait imprimer : et in Reutinchovd terras et sylvas, snclqna vel alias acentias. Toutefois, Goldast doute s'il faut lire adjacentias. » (Ménage, Dict. èiymol., éd. 1750.) La charte visée par Caseneuve se trouve au t. II, p. $0-51, des Alemanni-

cne, sous l'influence du j, était déjà un fait accompli à l'époque mérovingienne : cf. adgaecencias , texte de 658, dans Bréquigny, Diplomata, n° 140; adiccencics, texte de 671, dans P. Meyer, Recueil d'anciens textes, p. 6 ; ageciencias, texte de 690, dans Bréquigny, n° 21 1 . Or *adiecentia donne régulièrement aisence1, qui se lit deux fois dans le cartulaire du Val Saint-Lambert de Liège (voy. Godefroy, v° aisance), où en et an ne se confondent pas2. Plus tard, on a écrit aisance, sous l'influence du verbe aiser, qui fait au participe présent aisant.

2° Provençal. A côté de la forme ai%e, correspondant exactement au français aise, on trouve quelquefois, au moins chez les troubadours et à la rime, une forme plus courte ais. Raynouard l'a relevée chez Bertran de Born, où elle revient deux fois 3.

Je la trouve aussi chez Raimbaud d'Orange :

Qu'ieu valrials Turcs part Roays D'amar, si eu lor n'era en ays.

(Entre gel, texte du ms. C, f° 201.)

car um rerum scriptores de Goldast (Francfort, 1606). Il n'y a aucun doute que aecentias, qui revient deux fois dans la charte, soit pour adjacentias.

1 . Sur adie protonique donnant ai, cf. d'une part adïu, dans adiutare, aidier, de l'autre edie, dans medietatem, meitiè. Quant au traitement du c palatal, cette lettre aboutit à s douce comme le / de adiutare s'affaiblit en d.

2. On peut en outre porter à l'actif de la forme française aisence tous les exemples de aiseutia, aisientia, esentia, asentia, recueillis par Du Gange et ses continuateurs dans les chartes latines : j'en ai compté six, entre 1133 et 1266.

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