BACLER
français, l'un signifiant « cheval » (de race étrangère ?) et l'autre « chef sarrasin ». Il hésite, à cause des difficultés phonétiques, à tirer le premier de l'arabe faras, par l'intermédiaire d'un bas lat. *farius, où IV serait tombée; quant au second, il montre l'invraisemblance de Pétymologie proposée par Gachet, qui y voit le grec çoyo;, glouton, appliqué par mépris aux Sarrasins. En réalité, le seul sens réel paraît être celui de « chef sarrasin » : c'est par un abus de langage sans portée étymologique que quelques auteurs — peut-être à cause de la ressemblance du mot avec auferant — ont appliqué aufage à un cheval.
Or, l'ancien espagnol possède le même mot sous la forme alfage ou alfaje. Eguilaz y Yanguas, dans son Glosa rio etimblôgico de las palabras espaholas de origen oriental (Granada, 1886), en a fort justement indiqué l'etymologie dans l'arabe alhâchch que P. de Alcala définit: « peregrino mucho tiempo, romero que va en romeriâ. » Comme Eguilaz ne mentionne pas Fane. franc, aufage, pour lequel Kôrting n'a de référence qu'au passage sus-mentionné de Diez, il n'est peut-être pas inutile de noter l'étymologie d'un mot si fréquent dans nos anciennes chansons de geste, et qui a même pénétré jusque dans le roman de Thèbes. En somme, aufage et hadji forment un doublet.