Le scribe a écrit une fois, par erreur, besay
3. Cette forme singulière me paraît être une simple faute de scribe, très explicable paléographiquement, pour besoche, le cs'étant fondu avec Vo pour produire un a et 17; ayant été prise pour un y.
4. Deux additions de Carpentier à Du Cange, sous badillus et sous * vedale, fournissent trois autres exemples de représentants méridionaux du latin gaulois vidubium. Je les ai contrôlés sur les registres du Trésor des Chartes, de façon à établir la provenance géographique de chacun d'eux. Les voici par ordre chronologique :
1444. Un bedoihl ou serpe emmenchee en ung baston, JJ 176, n° 351. Bienassis ou pays de Xanctonge près de S1 Sournin de Marempne (aujourd'hui Saint-Sornin, canton de Marennes, Charente-Inférieure).
1450. (Duquel pré estoit Perrin Richart qu'il clouoit d'espines...
ung grant vedoil enmanché en ung grant baston, JJ 184, n° 39. Richemont en la conté d'Angoulesme (aujourd'hui canton de Cognac, Charente).
145 1. Supplicacion de Guillaume Myot, curé de l'église parroi-
chial de S1 Paroye sur la rivière du Ne, en la chastellenie d'Archiac ou diocèse de Xaintes... ung baston ferré appelle bedoil tirant sur la façon d'un vouge, JJ 185, n° 198 (Saint-Palais-du-Né, canton de Barbezieux, Charente).
Ces trois exemples appartiennent sensiblement à la même
BESOCHE 2 $ S
rence de sens n'est pas moins claire : besoche désigne un « hoyau » et vesoch un « vouge ». Dans la charte landaise de 1268, il est bien probable que bexpi signifie aussi « vouge1 ». Dans Marcabru, M. P. Meyer considère le sens de « bêche » comme incontestable. Pourtant, le vouge étant un instrument de paysan, aussi bien que la bêche, le rapprochement de vexpig et de araire n'exclut pas le sens de « vouge », et l'origine de Marcabru, qui était gascon, concorde bien avec l'habitat de vidubium dans le sud-ouest de la France, où le sens de « vouge » est seul formellement attesté. Mais il est certain d'autre part que dans les textes latins anciens vidubium a le sens de « hoyau » : la glose StxeXXa = viduvium, citée par M. Meyer-Lubke, en fait foi, et plus encore ce passage d'un scholiaste de Juvénal : « Marrae vulgo vidubia dicuntur. »
Le français besoche étant maintenant débouté de sa prétendue étymologie, on peut y voir un type * bisocca formé en latin vulgaire de la particule bis et du radical qui se trouve dans le français soc, tranchant. *Bisocca serait un parasynthétique dans le genre de bisaccia, be-
région (Saintonge et Angoumois). On remarquera la conservation du à intervocalique et, dans deux cas, le changement de v initial en b, double circonstance qui porte à croire que les formes bedoiî, vedoil ne sont pas autochtones là où nous les trouvons employées, mais sont empruntées à un dialecte plus méridional. Quant à la substitution de la finale cil à ai, on la retrouve non seulement dans le béarnais bedoulh, indiqué concurremment avec bedouy, par le dictionnaire de MM. Lespy et Raymond, mais dans le provençal mer oil, de marrubîum employé par Daude de Pradas, Autels, cass. 3 20), éd. Monaci.