‹ Essais de philologie françaiseChapitre 88 sur 251 · XV. — BIAIS · texte numérisé non relu

XV. — BIAIS

L'étymologie biais = bifacem est certainement fausse. En admettant qu'on puisse rendre compte de la chute de Vf médiale (ce que je ne crois pas1), l'étymologie proposée se heurte à une barrière infranchissable que lui oppose la phonétique provençale. Le provençal dit biais, comme le français, et il est impossible d'admettre que le provençal ais corresponde a un type latin acem, voire aceum ou acium.

Au lieu de partir de faciès, on peut songer à ansa, c'est-à-dire en latin populaire *asa. Un adjectif composé de bis et de *asa serait *bïasius2, et *bïasius cadrerait très bien avec le provençal biais 3. Reste à expliquer comment on a passé du sens « a deux anses » au sens « oblique » : le problème de sémantique à résoudre est le même, que l'on parte de bifacem ou de *biasins.

i. M. Meyer-Lûbke rapproche biais = bifacem de via^ = vivacius (Gramm. des long, rotn., § 447, trad. Rabiet, p. 402) ; mais le cas n'est pas tout à fait le même.

2. Cf. bicoloreus (bis et color), bifurcius (bis Qtfiirca), bimammins (bis et mamma), etc.

3. En français, asius aboutit à ais comme en provençal, mais ï ne devrait-il pas donner e? Comme le mot est relativement récent (Littré ne donne qu'un exemple d'Oresme), on peut supposer

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