XVIII. — CAMOIARD
Littré enregistre ce mot sans aucune indication étymologique. Il le définit : « Etoffe faite avec le poil de chèvres sauvages. » Cette définition est précisément celle de la moire, au sens où l'on entendait ce mot au xviie siècle. Le mot moire, que Ménage, en 1650, écrit mouaire, est emprunté de l'anglais mohair, plus anciennement mochaire, qui vient de l'arabe mockayyar. Mais, avant d'emprunter le mot anglais, on se servait en France d'un autre mot venu d'Asie Mineure, comme l'étoffe même qu'il désignait, soit directement, soit par l'intermédiaire de l'italien. On disait du mocaiard, ou, comme écrit Malherbe, .du moncayar2, forme calquée sur l'arabe. Le camoiard de Littré nous offre un curieux exemple d'altération par transposition de syllabes.