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Gramm. des lattg. rom., II

dans le latin préroman : à côte de la déclinaison classique turbo, turbinis, les dictionnaires latins signalent la déclinaison archaïque turbo, turbçnis, et cette dernière semble avoir survécu dans le portugais trovào1. Enfin le roumain pepene, melon, atteste l'existence en latin vulgaire de *pepine à côté de pepçne2.

Une dernière remarque sur le genre. L'italien cavedine est féminin, tandis que le provençal cabede est masculin. On sait que certains mots latins en 0 mis ont les deux genres (par exemple grande, margo) et que presque tous les mots en ago aginis, igo iginis, féminins en latin, sont devenus masculins dans les langues romanes, là où ils ont vécu sous la forme populaire. Le désaccord du provençal et de l'italien n'a donc rien de surprenant. Le français chevène est foncièrement masculin; non seulement c'est le genre indiqué par Cotgrave, mais c'est celui que lui attribuent encore aujourd'hui tous les pêcheurs des environs de Paris? et tous les naturalistes compétents, par exemple Valenciennes, dans le remarquable article qu'il a consacré à ce poisson, Histoire naturelle des poissons , t. XVII (Paris, 1844), p. 172-190. La terminaison incite à féminiser; d'autre

1 . Meyer-Lùbke, Gramm. des l. rom., II, 26. Cf. lbld.,11, 516, où le même exemple est rappelé, mais, à ce qu'il me semble, hors de propos.

2. Ibid. Il faut remarquer que l'ital. popone est de formation savante et que c'est probablement de l'italien que vient Fane. français poupon, pompon. (Voy. Godefroy, v° pepoti).

3. On prononce juène (issu de fvène, pour ch'vène), et cette forme est même enregistrée à son ordre alphabétique par Littré, qui en fait avec raison un mot masculin, bien qu'il donne à chevène le genre féminin.

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