Saint Alexis, p. 113, n
|. Gramm. des long, rom., II, § 4.
5. Prou, Inv. sont 111. des mon unies mérovingiennes de la collection d'Aniecourt (Paris, 1890), p. 34, nos 141 et 142.
ces deux légendes de monnaies mérovingiennes auvergnates : : arvernus civis et arvirno civiti fitvf, j'en étais arrive à penser que nous avions dans cit le représentant d'un type latin * civitem, au lieu de civil a le in. Ce qui offusquait un peu mon opinion, c'est la différence qu'on observe, au point de vue de la phonétique, entre *civitem = cit et debitum — dete. Mais je crois tenir maintenant un exemple absolument identique a
* civitem == cit, exemple d'autant moins suspect qu'il est fourni par un nom de lieu, Arras. Le point de départ ne peut être que l'accusatif Atrebates ou l'ablatif Atrebatis1, devenus de bonne heure, par assimilation vocalique, Atrabates, Atrabatis, et que les monuments mérovingiens nous offrent déjà sous les formes Atravetes, Atravetis. Or, Atravetis — Arrd^ et * civitem == cit sont absolument parallèles.
Maintenant, quelle est la raison d'être de ce singulier
* civis * civitem mérovingien? Peut-être une confusion entre les 'nominatifs civis (citoyen) et civitas (cité) suivie d'une sorte de mezzo termine pour l'accusatif * civitem (= civem -f- civitatetn) ; peut-être le passage direct de civitas à * civitis — le pendant exact se trouve dans praegnas qui a donné naissance a * praegnis — d'où l'accusatif * civitem.
La considération de la forme provençale ciu 2 semble
i. Cet ablatif est plus fréquent que Atrebatibus. A l'accusatif, on trouve aussi Airebatas, Atràbatas : c'est de cette dernière forme que part M. Holder (Altcdt. Sprachschat^) pour expliquer Arras.
2. Ciu est d'ailleurs très rare. En dehors du Saint Léger, je n'en connais qu'un exemple, dans Uc Brunenc, exemple que Raynouard attribue à tort à Arnaud Daniel.
apporter un argument sérieux en faveur de la première hypothèse. M. G. Paris me fait justement remarquer que du ne peut venir de *civitem qui aurait nécessairement abouti soit à *ciude (cf. Briude = Brivatenî), soit à *ciul. Le phonétique exige civem = au: donc il faut croire qu'on a employé ci-vis au sens de civitas, sans doute par un jeu de sémantique qui rappelle l'emploi de hostis au sens de exercitus. En fait, on lit dans le testament de saint Bertrand, évêque du Mans, du 27 mars 616 : in civem ipsam, au lieu de in civitatem ipsam. Les Bénédictins continuateurs de Du Cange se demandent si civem n'est pas une simple abréviation graphique pour civitatem : le provençal ciu assure à civem des droits à l'existence, au sens de civitatem.