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PHILOSOPHIE AMEHICAINR.
tressaillpmpnts par lesquels Dieu, selon Kmerson, nous avertit de sa jircsence, (jui ne rapiKillenl le syslAine des causes occasionnelles.
Cc|>endant le punlliéisme, non plus celui de Malebranche, mais celui de Spinosa, s'introduit par nn endroit dans cette docirine. Lorsque Kmerson dit : « Tout nous montre que l'Ame n’est pas une farnit»', mais se sert des facultés comme de mains'et de pieds ; qu’elle n’esl pas l’intelligence et la volonté, mais la maîtresse de l'intelligcnw’ et de la volonté, » il ne s’a|>er(:ôit pas qu'il ne détermine jMiint la faculté qui constitue le?»oi, et que j)ar là il arrive à anéantir l'identité de l’individu ampiel il a/ant accordé, l orsqu’on méditesnr soi-méme, on voit agir les diverses facultés; mais (pielle est la faculté maîtresse de celles-là? On ne l’aperçoit pas clairement. Il faut cependant qu’il y ait une faculté maîtresse des autres, une àme en un mot «les facultés intellectuelles. Pour parler la langue philosophique, quelle est la faculté qui constitue le wo/? Kst-ce la volonté? est-ce l’intelligence? Dans Kmerson, la facidté causatrice est en dehors de l’homme, nos facultés ne sont que des mains et des pieds. Ailleurs, dans le chapitre sur V/ntelligence, il dit : « L’homme est aussi bien dans scs intcd- Icctionsque dans scs voûtions. » Spinosa sait bien tout cela, car il remarque «pi'il y a des pensées et des actes que l’on jKuit lant«it rattacher à la volonté, tant«it à l'intelligence, sans pouvoir déterminer précisément la faculté à laquelle ils se rapportent. Dès lors le résidtat est très simple. S’il n’y a pas une faculté qui constitue essentiellement le moi, l’homme n’a pas d'identité véritable; si la cause de toutes nos actions, la faculté génératrice de toutes nos pensées est en dehors de nous, noire existence tout entière n’est qu’une série de phénomènes et de faits dont nous avons bien conscience, mais sur lestpiels nous n'avons aucun jKtuvoir, L'honimo
iS'TnonrcTiox.
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n'csl pas aiilro chose (jue le lliéàtre où parlent cos inspirations, où agissent ces péripéties, où passent ces j>ersonnages éphémères. L’auteur est ailleurs, inconnu et mystérieux, l'auteur anonyme qui a inventé la pièce et distrihué les rôles. Si riiomine n"a pas une véritable idenlité, son être va llotter, sa vie sera une conlinuelle transformation. 1/homme qui ne se connait pas luimême, qui ne sait d'où lui viennent ses pensées, est alors englouti dans un être universel et aveugle qui ne SC connait pas davantage et renferme en lui toutes les existences particulières.
On peut s'étonner qu'Emerson n'ait pas .songé à établir l'identité de l'individu. C'est que l’e-xlension et la négation d’un principe al)Outissent quelquefois au même résultat. L'individu, dans Emci'son, attire l'univers à lui, comme dans d’autres systèmes il est absorbé par l'univers. Qu'on suive un instant les conséquences toutes naturelles et inévitables de la philosophie d'Emerson, et on verra comment il peut être conduit à un panthéisme très rigoureux. La morale d'Emerson ne s’appuie pas sur la raison, mais sur un sentiment instinctif. Celte contiance en soi mène à l'oubli de soi. Conliance et oubli sont deux termes (pii se rejoignent. Celui qui, sans souci des o|)inions d'autrui, se contie à lui-même, arrive alors à se considérer comme la seule réalité existante; il se généralise pour ainsi dire et touche à l'infini. Ce fait de croire en soi et seulement en soi entraîne à regarder comme des mensonges tous les obstacles qui s'élèvent devant nous ; tout ce qui nous entoure n'aura donc pas de réalité, car une chose n'est réelle pour nous ' qu’autant qu elle nous force à la reconnaître sinon notre supérieure, du moins notre égale. Il arrivera dès lors un moment où l'individu (pii fait de son cœur ou de sa pensée son seul univers perdra la conscience de la réalité de la vie dans les choses environnantes. De même que dan^