‹ Essais de philosophie (volume 2)Chapitre 16 sur 42 · B88AI IX · texte numérisé non relu

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ce moment que la tendance ^ sinon le résultat de la science y soit de rapprocher dans leur nature tous les phénomènes et toutes les sortes de matière, et ' ainsi d'étendre et de vérifier dans toutes les parties de l'uniTers physique l'idée commune à Descartes et à Newton que le monde est régi par des principes mécaniques.

Il faut prendre ce que nous venons de dire dans une grande généralité. Nous n'établissons pas une théorie de la nature; nous constatons seulement un caractère commun de tous les phénomènes naturels. Us appartiennent tous à -des corps , c'est-à-dire à des parties de matière y c'est-à-dii'e à des combinaisons d'étendue et de figure ; ils en sont les changements ; tout changement corporel suppose un mouvement; ils sont donc des mouvements. Les sciences physiques, ou en les comprenant sous un seul nom, la physique est donc une science du mouvement. Or, le mouvement^ en remontant jusqu'à sa cause , et en appelant cette cause force, est l'objet de la mécanique. Au degré d'abstraction où nous nous sommes placé, les sciences. physiques paraissent donc ne supposer rien de plusqu'une mécanique, et la mécanique en est le fond et le type. Voilà ce que nous avons entendu dire. U n'estpas douteux que cette idée, réduite à ces termes, n'exprime un fait d'évidence sensible, et de plus qu'elle ne soit la pensée fondamentale de la physique moderne. Si le sage Neveton ne la pose pas comme une vérité démontrée, il l'exprime omime un vœu, un soupçon, une espérance ', et c'était d'ailleurs l'admettre implicitement que de

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donner des principes maihéixïatiqaes pour base à la philosophie naturelle.

Il suit de cet aperçu général que la matière est conçue comme un agi'égat d'éléments ou molécules, douées, phënomén&lement parlant, de forces attractires ou autres, qui agissent en des circonstances diverses, et se manifestent par des phénomènes différents et complexes; lesquels toutefois étant produits par des forces , peuvent se ramener à des phénomènes de mouvement. Je ne dis pas que la théorie ainsi résumée puisse renJH^ ccynpte de tous les faits et suffise à la nature, je Tignore; je dis seulement que cette théorie, ensemble atomique et mé* canique, prévaut dans la science à l'époque où j'écris.

On ne doit prendre tout ceci que comme une idée générale, une première esquisse. I^ous essaierons tout à l'heure de tracer un tableau plus achevé; mais auparavant^ demandons^nous, sans plus ample examen, ce qui de toutes ces vues sur les objets des sciences physiques, résulte pour la philosophie : une notion scientifique de la matière, notion qui diffère un peu de la notion philosophique. Gelle^^ci ne prend dans la matière que ses caractères spécifiques, ceux qui font qu'elle est matière, et non esprit ou tout autre chose qui n'est point matière; ceux qui suffisent, non pour qu'on la connaisse dans son histoire, mais pour qu'on la distingue de tout ce qui n'est pas elle. La notion physique ou scientifique au contraire nous donne la manière d'être de la matière, sa manière d'être réellement et actuellement, au moins sous ses traits généraux , ou si Ton veut , ce que l'observation et un commencement d'induction

expérimentale ajoutent aux données de la pure perception*

$. n. Tableau des propriétés de la matière.

Représenton8*nou8 maintenant avec plus de détail et sous une forme plus analytique ^ la série de propriétés qu'exprime ou suppose cette idée générale des sciences de la matière.

Les physiciens affirment très-volontiers que la matière est étendue; mais de cette propriété ils ne font ni un principe ,j[^ même un fait important; car d'ordinaire ils n'en déduisent rien. D'Âlembert va jusqu'à dire qi^'on n'en peut rien déduire , et il y voit la preuve que l'étendue n'est pas l'essence de la matière. Quoi qu'il en soit et qu'on en puisse penser^ l'étendue est nécessairement admise par les sciences physiques; car suivant elles, on vient de le voir, la matière est un composé d'éléments susceptibles de mouvements : or, pour nos sens, le mouvement, suppose l'étendue. Sans l'étendue et le mouvement il n'y aurait point de physique; l'étendue et le mouvement tombent sous les sens et ne sont ni une découverte ni une hypothèse; la no* tion n'en est point exclusivement scientifique. Rappelons-nous toujours que nous suivons ici les sciences physiques; c'est avec elles et comme elles que nous raisonnons. Ainsi, dans l'étendue , nous nous garderons de rappeler que la raison voit la preuve, ou plutôt le gage de la substance. La physique n'a que faire de la substance, et ne la nomme même pas : mais dans le mouvement, elle voit sa cause, c'estrà-dii^ la force. Le principe de causalité domine donc dans la physique; elle en relève; mais

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elle lui obéit sans Tëtablir, et l'accepte aussi sans le nommer.

La force est-elle une notion naturelle et philosophique^ comme elle est une notion scientifique? Cette question n'occupe nullement la physique , laquelle induit la force en observant ses effets. Car la force ne tombe pas sous les sens; le mouvement seul est dans ce cas. Elle en est la cause , cause inconnue d^effets connus ; pure, supposition ou conception , comme le dit la physique , quand elle se montre réservée, scrupuleuse, et se pique de rester exclusivement expérimentale; induction certaine pour la science, lorsque, plus hardie, elle se fie aux instincts de la raison , et qu'elle ne craint pas de poser cet axiome : point de mouvement sans force.

Il est vrai qu'une fois sur cette pente, elle ne s'arrête pas là. Donnons un exemple de la manière dont le physicien procède, quand il spécule, ou raisonne sur ses observations premières.

Il remarque que, si l'on peut û^cevoir la matière sans le mouvement, elle est physiquement, c'estpà-dire au point de vue de l'histoire naturelle, dans un mouvement constant. Du moins l'expérience ne la montre-t-elle inerte nulle part. Four que ses parties se tiennent, il faut bien qu'une force les pousse ou les attire ; pour qu'elles se séparent, il faut qu'une force surmonte celle qui les fait adhérer. II y a donc toujours mouvement; du moins la force est-elle toujours en action. D'où l'on peut conclure que le mouvement est inhérent, si ce n'est essentiel à la matière. La conséquence serait de ne point séparer dans l'ordre physique la substance et la fora^de les confondre au moins dans l'état présent des cnoses. Il serait bien

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tentant alors de penser que telle était la constitution nécessaire de la matière. La matière y ainsi conçue f renfermerait en soi le principe immédiat de tous les phénomènes physiques, et le monde actuel se main* tiendrait par lui-même. Mais ce n est là ni une intuition sensible, ni une induction nécessaire, bien qu'aujourd'hui beaucoup d'esprits paraissent y re* Tenir. \

Or, si le mouvement est actuellement inhérent à la matière, il l'est à toutes ses parties. Chaque partie de la matière en a donc les propriétés essentielles; et même ces parties étant douées de force ^ sont des forces , des forces incorporées. On peut les supposer élémentaires , ce sont des éléments de phéno-* mènes. C'est la force qui , sous le nom de cohésion y d'affinité, ou sous le nom plus général d'attraction, unit ces parties et produit le phénomène d*étendue« Sans la force , l'étendue serait peut-être concevable, mais non sensible. Aussi pour quelques esprits, l'étendue elle-mêD^estrelle ramenée, dans la réalité actuelle du monc^ à n'être qu'une induction du phénomène du mouvement , qu'un résultat de l'hy^pothèse de la force. Elle cesse d'être une propriété physique fondamentale , et perd le premier rang dans la nomenclature des propriétés de la matière.

Cette théorie se lie à celle des atomes; celle-ci explique la constitution physique de la matière par l'agrégation de molécules premières ou d'éléments qu'on dit indivisibles, parce que l'étendue, condition de la divisibilité, n'est que le résultat de leur agrégation. L'agrégation elle-même ne serait alors qu'un produit des^K*ces qui les constituent, et il n'y aurait plus pKr la physique que des mouve-

ments et des forces. Kant eût appelé le mouvement le phénomène , la force le iioumène. Dépouillée de rétendue comme qualité primordiale, la substance tend à se réduire à la force. Mais c'est encore là une induction logique, une supposition de la science. La théorie atomistique n'est donnée ni par la sen-< sation , ni par la perception spontanée et primitive de la raison ; et quelque crédit qu'elle obtienne dans les sciences naturelles ^ elle n'y est pas encore rangée au nombre des articles de foi* %

Enfin , une troisième induction se rattache immédiatement aux précédentes ; ou plutôt c'est l'induo tion de la force transportée des masses aux atomes qui les composent. Four que les atomes forment des agrégations, il faut en effet qu'il y ait , soit en eux, soit hors d'eux 9 quelque chose qui les unisse étales maintienne unis. Ce quelque chose ne peut recevoir Clément d'autre nom que celui de force. C'est une cohésion primitive , et la cohésion est appelée force par tous les auteurs. Farce que cette force agit, comme si les éléments de la matière étaient attirés les uns vers les autres, on l'appelle en général du nom d'attraction. L'attraction , on le voit dès à présent, est le nom d'une hypothèse. C'est une idée qui appartient encore à l'étiologie scientifique* C'est une explication du fait de l'agrégation ; ce fait, à son plus faible degré , la constitution la plus simple de la matière paraît supposer l'existence d'une certaine force qui peut n'être qu'une des formes de l'attrac* tion qu'on dit universelle.

Expliqué ou non par cette hypothèse, le fait de l'agrégation est essentiel à l'existence des corps. La matièi^e prise en général , la matic^e priie indépen-^

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damment de Texistence des corps ^ ne suppose qu'un continu de contiguïté qui suffirait à l'idée d'étendue^ à ridée , dis-jc , mais non à la perception d'étendue. Le mouvement suppose que cette contiguïté peut se changer en une action mutuelle; l'existence des corps, que l'une et l'autre donnent naissance à l'agré- ' gation. C'est ce qui a fait dire que le continu, nommé matière, ofire i"". un continu de contiguïté ou de juxtaposition; 2!^. un continu d'impulsion; S"", un cotftinu de cohésion.

On pensera ce qu'on voudra de cette déduction tant soit peu systématique. Elle tranche plus d'une question qu'il faudrait mieux approfondir. Bornonsnous pour le présent à résumer sous forme abstraite les idées qui entreraient dans la notion de la matière ainsi formée; le mouvement, la force, l'agrégation résultant de la force, l'étendue résultant de l'agrégation.

Mais de tout cela , la physique moderne , élevée à l'école de la philosophie de Bacon, ne nous oblige à croire absolument que les faits sensibles , savoir le mouvement et l'étendue. Voyons donc comment a ces deux faits se joignent tous les autres. Voyons comment dans ses leçons les plus ordinaires, la physique présente, avec ces deux faits érigés en propriétés, toutes les propriétés qu'elle attribue à la matière.

D'abord^ qu'est-ce qu'une propriété? expérimentalement, ce n'est que la possibilité de certains phénomènes; du moins la plupart des propriétés physiques ne sont que cela. L'électricité est le nom donné à la possibilité actuelle où sont les corps d'être dans un certain état dit électrique- Si elle est le

nom destine à la cause inconnue, à la vertu spéciale qui produit les phénomènes électriques ^ elle ressemble fort à une qualité occulte. C'est un mot qui simule une idée. L'ancienne physique aimait ainsi à se forger avec des paroles des connaissances apparentes, et à donner pour une explication une expression. Pourquoi l'opium fait-il dormir? parce qu'il y a en lui une vertu dormùiçe. Quelle est la cause des phénomènes électriques ? l'électricité. La physique, aujourd'hui, en employant ces mots, n'entend qu'exprimer les faits. Tout phénomène a sa cause; et le nom d'électricité n'est pour elle que le nom de la cause inconnue qui produit dans les corps les phénomènes électriques , san» rien préjuger sur sa spécialité , sur sa nature , ni sur son mode d'existence. Réduite à ces termes, l'hypothèse est bien innocente. Nous serons encore plus réservé, et nous dirons qu'ici, provisoirement et réellement, le mot d'électricité, comme ses analogues, n'exprimera que la qualité que possèdent les corps d'être dans un certain état, d'ofirir de certaines manifestations. Cette qualité , occulte dans sa cause et dans sa nature, ne Test pas dans ses phénomènes. Ces phénomènes sont les faits de la science ; et le mot d'électricité n'est que l'expression générale des faits, un terme sommatoire, comme dit M. de Biran. Il n'y a jusqu'ici de réel et d'incontesté que cela; et ce n'est même que jusqu'à un certain point qu'on peut appeler ce fait général une qualité. Une qualité , à proprement parler, appartient à la substance. L'électricité est une qualité proprement dite , si dans le corps elle produit les apparences électriques^ comme

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la solidité, la résistance. Mais si elle provient d*uiie cause externe, la qualité du corps n'est plus que son aptitude à passer à Tétat électrique. C'est en ce sens que nous avions raison de dire que les propriétés physiques exprimaient de simples possibilités.

Quelquefois le nom de ces propriétés préjuge leur nature. Alors Thjrpothèse est avouée. Tel est le nom d'attraction. Ce nom suppose que la force qui se manifeste éminemment par la pesanteur, est une force qui attire, non une force qui pousse. Mais la certitude de cette supposition n'est pas absolument et universellement soutenue par les physiciens. Newton lui-même indique les moyens de se passer de l'attraction ; et beaucoup d'auteurs ne l'admet^ tent qu'avec réserve. Encore bien moins affirmentils que cette force attirante soit inhérente ou externe , essentielle ou nécessaire. La cause inconnue des faits, supposée ressemblante à leur apparence, telle est la définition de ces noms abstraits qui désignent ces diverses propriétés de la nature physique. Un métaphysicien montrerait aisément que ces abstractions ne sont formées que par une combinaison assez confuse du principe de cause et d'effet, et du principe de substance et de qualité. Ces propriétés d'ailleurs sont indifféremment présentées, dans les livres, comme qualités , effets ou causes. Quand un auteur va jusqu'à les prendre comme des substances , comme des corps , le dernier degré de l'hypothèse est atteint. Des substances qui ne sont point esprits, et qui ne sont ni visibles, ni tangibles, ni pondérables, ressemblent fort à des êtres surnaturels ; ce sont les démons de la physique. Mais cette

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physique y tant soit peu mythologique, n'est plus guère de mode y quoique la langue des sciences en porte encore les traces.

Après a^oir montré comment se conçoivent les principales propriétés de la matière , il faut enfin en donner l'énumération.

i"*, V étendue et V impénétrabilité qui la suit de si près, sont accordées par tout le monde.

On diffère sur la définition de l'étendue. Considérée comme cause, elle est ce qui £siit que l'univers est un tout continu ( Blainville). Gomme qualité, elle est dans le corps' la faculté d'occuper un lieu déterminé ( Biot ) ; ceci revient à dire qu'elle n'est que l'espace divisé (Pouillet ). Mais alors qu'est-elle dans la matière V L'espace continu, J'aimerais mieux dire avec un auteur (Lardner), qu'elle est la pro- ]»*iété d'occuper l'espace. Au fait, je crains que séparée de l'impénétrabilité, la matière étendue no soit inconcevable.

a"*. Mais jointe à l'impénétrabilité , l'étendue donne plus que ne donnent les propriétés du corps, elle donne la définition de la matière (Pouillet). La matière est impénétrable » puisqu'il est impossible qu^un point de matière pénètre dans un autre point de matière. Deux portions de matière ou deux corps ne peuvent coexister dans le même point de l'espace. Ils se déplacent nécessairement l'un l'autre. En cela consiste l'impénétrabilité, ou l'impossibilité que deux corps occupent à la fois la même place. L'étendue non impénétrable serait l'étendue non corporelle. Comme propriété des corps, l'étendue suppose donc l'impénétrabilité; car seule, elle peut être une propriété du vide ( Euler ).

5^. Mais ces définitions nous donnent sur-le-champ trois propriétés qu'elles supposent.

Si la matière peut être prise par portion , il faut qu'elle soit divisible. Or, elle est prise par portion ; il y a des corps ; de là la dwisibilité.

4*". Si deux corps ne peuvent se pénétrer, cependant en se déplaçant ils n'occupent pas toujours un espace égal à la somme des deux espaces que chacun d'eux occupait séparément, l'un désunit l'autre, le foule, le condense ; ou ils se compriment mutuellement. Il faut donc que les corps ne forment pas un tout absolument continu ; des interstices séparent leurs particules ; les corps sont ^or^i^j?.

5^. Mais pour que tous ces phénomènes s'accomplissent , il faut le mouvement. Toutes ces propriétés supposent donc celle d'être mû, la mobilité, la motilité, la muabilité (Descartes). Non l'impénétrabilité, mais la démonstration de l'impénétrabilité suppose le mouvement.

6^. Mais le mouvement est un état accidentel ; l'impénétrabilité et la résistance de la matière, moins le mouvement , donnent son état permanent apparent qu'on appelle inertie.

y*. Quand une matière est divisée, elle a des contours , des limites ; elle a une forme ou une figure. \jà formalité OM lajigurabilité est donc une propriété des corps.

8^. Mais pour que la matière divisible soit figurable, il faut que ses particules tiennent ensemble. De là, la cohésion.

9^. Les mêmes propriétés , considérées dans leurs diverses manifestations et leurs divers degrés , nous donnent des propriétés relatives et variables.

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Lacohësiony considérée comme plus ou moins grande, prend le nom de densité.

10^. La cohésion qui diminue ou la porosité qui s'accroit devient la dilatabilité.

II*. hà compréssibiUtéestYmyerse.

12^. \J élasticité est le retour au degré de cohésion d'où le corps s'est éloigné , soit par augmenta-» tion, soit par diminution.

iS"". La formalité et la cohésion, nées de l'impénétrabilité et de la divisibilité, se rendent sensibles à nos organes. Le mode ou le moyen de cette sensibilité est le contact. De là, la propriété appelée tangibilité. La tangibilité est le nom général de toutes les manières dont les corps sont accessibles aux divers sens. Tous ne sont que diverses espèces de tacts particuliers.

i4^., iS^.y iG^. Mais les corps figurables et tan-* gibles ne sont jamais vus , c'est-à-dire touchés média tement par les yeux, sans deux circonstances, la lumière qui les éclaire, la couleur qu'elle manifeste. Bs sont visibles, colorés, lumineux : lumière^ coloricité^ visibilité.

ly"". , i8^. , 19^. La mobilité se produit sous diverses formes , et jointe à différentes affections de nos sens , que l'expérience seule fait connaître, elle conduit aux propriétés suivantes, la caloricité ,là sono^ réité^ V électricité , dont nous ne séparons pas le magnétisme.

20"". A cette liste des propriétés des corps , il en manque une qui n'est pas la moins importante : aucun raisonnement ne la donnerait à défaut de l'expérience. Elle implique avec elle l'étendue, le mouvement, l'impénétrabilité, la cohésion , ladivit^ibilité;

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mai» i^Ue n'en résulte pas ; il lui fîiut quelque autre cause. .Elle s'appelle la pesanteur ou la gravité. La cause dnpposée de la pesanteur ou gravité s'appelle attraction.

^i"". Cette attraction n'agit qu'entre les masses; cependant les parlicules qui les composent paraissent également pourvues de tendances à s'unir^ de vertus attirantes y qui peuvent aussi être confondues sous le nom général d'attraction, quoique leurs phénomènes soient bien divers. Indépendamment de la cohésion d^'jà nommée , il est une attraction , molé^ cnlaire par la petitesse des distances auxquelles elle agit y et pourtant comparable a l'attraction des mas-* ses par les lois qu'elle parait suivre : c'est hcapilla^ rite.

as^". Un,<e attraction particulière semble se manifester dans les phénomènes de la polarisation. Quoiqu'elle se représente surtout dans les phénomènes delà lumière et du magnétisme , elle doit être nommée à part. Nous l'appellerons polarité.

^5^. Enfin, la vériuble attraction moléculaire est celle qui , en produisant les combinaisons des corp^^ molécule à molécule , engendre les phénomènes chimiques. On la nomme affinité.

24*- Ce tableau serait trop incomplet si je n'y ajoutais deux inductions fondamentales dont les phy-* siciens font des propriétés.

Comment le mouvement peut-il avoir lieu? Il faut qu'il ait une cause. Rien ne le manifeste directement comme une qualité des corps. Il peut^ nous en avons la preuve par notre propre action , leur être transmis accidentellement ; il peut être l'eflèt d'une cause étrangère* Cette cause , on l'appelle forci* Si

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elle n'est une propriété de la matière , elle est du moins line propriété de la nature.

slS"". Gomment l'étendue impénétrable peut-elle subsister? Par la cohésion des particules. Mais ces particules cohérentes sont quelque chose. U y en a nécessairement d'élémentaires. Ce sont les atomes ; ils sont indivisibles^ par conséquent ils ont l'impénétrabilité , sans la porosité. Vatomite est donc une propriété qu'établit l'induction.

Tel est , je crois , le dénombrement assez fidèle des propriétés des corps , et par conséquent de la matière , ou l'analyse des notions générales que les physiciens font entrer dans l'idée de corps ou de matière.

Ainsi y elles sont au nombre de vingt-cinq. — I. Étendue. — 2. Impénétrabilité (solidité, dureté, résistance ). — 5. Divisibilité. — 4* Porosité ( lacunosité). — 5. Mouvement (mdbilité, motilité , muabilité ). — 6. Inertie ( indifférence au mouvement et au repos ). — 7. Forme (formalité, figure , figuration, figurabilité ). — 8. Cohésion ( agrégation, dureté, force de cohésion , attraction moléculaire).

— 9. Densité. — 10. Dilatabilité. — 11. Compressîbilité. ~ 12. Élasticité. — i5. Tangibilité. — 14. Coloricité ( coloration ). — i5. Lumière. — 16. Visibilité. — 17. Sonoréité, — 18. Caloricité ( calorique).

— ig. Électricité ( galvanisme , magnétisme 3. — 20. Pesanteur ( gravité, gravitation, attraction )^

— ai. Capillarité ( attraction capillaire ). — aa. Polarité. — 35. Affinité ( attraction moléculaire ). — !i4 • Force ( impulsion , cause du mouvement communiqué ). — 25. Atomité ( molécules, particules élémentaires p indivisibles , insécables ).

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