‹ Essais de philosophie (volume 2)Chapitre 28 sur 42 · E88AI X · texte numérisé non relu

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des oxydes métalliques connus. Observez toujours que je ne parle que de certitude formelle ou logique.

Ce qu'il suit de là y c'est qu'en dialectique il faut distinguer, parmi les propositions générales , celles qui sont des conclusions et celles qui sont des majeures.

Les premières n'ont jamais qu'une généralité limitée aux objets actuellement connus. Le syllogisme ne donne pas légitimement de conclusions plus générales que ses prémisses, si ce n'est en ce qui touche la pure possibilité. De actu ad passe*

Les secondes , c'est-à-dire les propositions générales qui servent dans le syllogisme à produire la conclusion , sont des inductions. Lorsqu'elles résultent d'une énimiération , elles sont régulières et légitimes en ce qui concerne tous les faits ou individus énumérés; mais alors elles peuvent être ramenées aux conclusions d'un syllogisme en forme ; l'induction devient rigoureuse en devenant déduction. Ou bien si elles s'appliquent à plus de cas que l'énumération n en contient, elles ne sont plus syllogistiquement régulières; elles ne sont plus vraiment syllogismes, elles sont alors inductions ; et elles empruntent leur valeur et leur possibilité même, non plus du syllogisme , ni en général de la dialectique proprement dite , mais de qudque autre principe.

Or, maintenant l'induction de Bacon diSere4-eIle essentiellement de cette sorte d'induction? il ne nous le semble pas. Elle est aussi une conclusion du particulier au général; elle s'aj^uie aussi sur Texpérience, ou sur l'inspection et le dénombrement des cas particuliers. Quels reproches

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adresse-*l>il à Findoction de ses prédécesseurs ? Deux principaux. Le premier^ c'est que Fénumération ne peut jamais porter que sur un nombre donné de cas y et ne vaut point pour les cas inconnus ^ pour les contradictions érentuelles. Le second, c'est que de cette énumération incomplète ou incertaine , la science s'élevait de son temps sans intermédiaire aux principes les plus généraux, aux axiomes les plus abstraits. De sorte que les jugements intermédiaires, les principes moyens qui sont les plus utiles et les plus sûrs, étaient négligés et demandés ultérieurement an syllogisme. Or, le premier reproche s'adresse à toute expérience. L'expérience ne porte jamais en elle-même sa garantie logique* Elle ne peut jamais être uniYerselle^ il faudrait qu'elle fût infinie^ et elle se borne toujours à un nombre de faits déterminé. Bacon, lorsqu'il donne les règles de la nouvelle logique, ne fait que prescrire une investigation plus exacte et plus étendue des faits, que recommander une comparaison plus attentive ^ un examen plus prolongé, une analyse plus sévère des différences. Le conseil est excellent: il était très-nécessaire , et il a porté de précieux fruits; mais il ne change pas la nature logique de l'opération , il ne fait que la rendre plus sûre, plus complète et plus utile. Quant au second reproche , il s'applique également à la pratique du temps. U n'est pas en eflet de la nature de l'induction de franchir d'un saut tous les degrés qui séparent les cas particuliers des axiomes. La scholas» tique ne connaissait guère d'autre procédé que la dialectique, et cette prédilection aveugle, unie à une non moins aveugle déférence pour l'autorité, entraînait les esprits à négliger les faits pour les abstractions, et

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