‹ Essais de philosophie (volume 2)Chapitre 40 sur 42 · B88AI XI · texte numérisé non relu

B88AI XI

vérités qu'elle découvre , les mystères qui l'arrêtent; tout cela est désormais hors delà portée de la religion. Les questions qui touchent le plus cette dernière ne sont pas éckircies par elle-même. Comment la création est-^lle possible? comment le mal est-il conciliable avec la nature ou la bonté de Dieu? comment la liberté, avec sa prescience? comment la création absolue ou l'éternité de la matière , avec sa nature immatérielle ou sa suprême puissance? Qu'est-ce que l'espace , qu'est-ce que le temps ? D'où viennent les idées, et sont-elles étemelles? Qu'est-ce que la substance et la cause? d'où vient l'âme, comment naîtelle, comment est-elle unie au corps? comment peut-elle vivre et connaître sans organes? Quels sont ses rapports avec le temps, avec l'espace, avec l'esprit divin? Sur tout cela le chrétien ne sait rien de plus que le philosophe, et la révélation n'a rien changé aux limites non plus qu'aux pouvoirs de la raison.

Ainsi la philosophie subsiste à côté de la théolo* gie. U faut que la seconde ménage et respecte la première; il faut qu'elle la reconnaisse, car si elle la renie , ellés'affiiiblit; si elle l'attaque, elle se blesse. Qu'elle se garde surtout de l'aborder par le scepticisme; le scepticisme ne s'arrête que dans la monarchie universelle de l'esprit humain.

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