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OBSERVATION GÉNÉRALE

Aucune des qualifications ordinaires que l'on donne aux divers systèmes ne s'applique exactement . à celui de la philosophie critique. IL n’est exclusivement ni dogmatique, ni sceptique, ni expérimen-

* Rom. IL, 14, I. 27

tal, ni rationnel; encore moins peut-on dire qu'il n’est rien de tout cela. #44 4

La philosophie critique est expérimentale; car elle se fonde sur une observation attentive et sur une détermination rigoureuse des faits intérieurs. Mais elle n’est pas expérimentale à la manière des doctrines qui prétendent spécialement à à ce titre, Pre qu’elle admet des intuitions et des idées qui n’ont pas leur source dans l’expérience, et reconnait des jugements a priori.

Elle est rationnelle, puisque c ’estau moyen d'une décomposition guidée par une logique sévère, qu’elle s'attache à distinguer les éléments de toutes les notions, à fixer la valeur des idées et des jugements, et à renfermer tous les principes dans leurs strictes conséquences. Mais cependant elle refuse à la raison une autorité illimitée, et conteste le titre de vérités absolues aux croyances métaphysiques. Elle courbe l'orgueil de l'esprit humain sous le poids de la condition humaine.

Elle est dogmatique : quoi de plus dogmatique que des axiomes proclamés valides & priori? Et toutefois elle n’accorde à nos lumières que la puissance d'éclairer l'intérieur de notre esprit, et suspecte toute affirmation qui porte sur autre chose que ce que sent, pense et fait l'humanité,

Elle est sceptique, car il y a du scepticisme à révoquer en doute la véracité absolue de nos sensations ét de nos idées, et pourtant elle affirme comme des faits certains ces sensations mêmes et ces idéés, et attribue une toute-puissance logique aux “+ reux procédés de l’entendement.

Par le nom de philosophie critique, Kant a sans doute entendu désigner l’ensemble de ces attributions si diverses.

Nous ne ferons sur le toit qu'une observation qui contient à la fois une apologie et un reproche pour le créateur de la philosophie critique.

Il est d’usage dans un certain monde de traiter Kant d'esprit mystique. On le représente comme un rêveur qui poursuit dans les ténèbres d’insaisissables chimèrés. Des écrivains qui pensent l'avoir ainsi réfuté, parlent de lui sur ce ton. Si nous nous sommes un peu fait comprendre, le lecteur doit voir si de tels reproches sont mérités, et si Kant a le moins du monde encouru ce nom de rêveur auquel pourtant ses amis pourraient encore se résigner pour lui, puisque ceux qui le lui donnent commencent en général par le décerner à Platon. La sévérité, la défiance, la circonspection, sont au vrai les caractères de l'esprit de Kant. Il marche lentement, avec précaution, et n'ose faire un pas avant d’avoir sondé et mesuré le terrain sur lequel il pose le pied. Si cet esprit si original doit être classé, sa place est plutôt marquée parmi les esprits géométriques.

Aussi est-il bien plus près du scepticisme qué de la mysticité philosophique ; un rationalisme subtil l'attire plus qu’une sentimentalité vague. Mais son scepticisme est d’un genre particulier; Kant nous défend également de douter et d’aflirmer, de douter pour notre propre compte, et d’afirmer pour le compte de la-nature. Il admet que l’homme ne peut s'abstenir de penser et de croire certaines choses,

que la négation de ces choses serait la négation de soi-même ; et il nous interdit de prêter à tout cela une foi absolue; il met toutes nos croyances en état de suspicion légitime, dès qu’elles veulent se transporter hors de la sphère de la conscience; de telle sorte qu'il y aurait sottise, brutalité à ne pas croire, et témérité , orgueilleuse illusion à dogmatiser. | agi

Illusion même, le mot est trop fort. Kant ne dit pas que les croyances objectives soient nécessaire ment des erreurs ; ce sont plutôt des croyances sans titres , des inductions gratuites, que de mensongères apparences. Bien plus, illusions ou vérités, elles sont inévitables , naturelles , indispensables : le sens commun en vit. L'homme est fait pour croire sa pensée en harmonie avec l'univers. Le scepticisme de Kant est donc plein de foi; seulement il refuse à l'homme la connaissance des choses, et réduit la certitude humaine à des croyances de fait et à des idées nécessaires. Il oblige d’autant plus impérieusement la raison à s’y fier, qu'il lui interdit l’ontologie.

Mais même ainsi limité, le scepticisme n’échappe pas aux objections qui tombent sur toute doctrine qui porte ce nom; et ces objections, nous devons les répéter avant de finir. Kant dit vrai; l'esprit de l'homme tend témérairement À l'absolu. Afirmant sur son propre témoignage , il juge la question par la question. Toute science objective est une conclusion qui dépasse ses prémisses. Mais en disant cela , Kant est-il bien sùr de se soustraire à l’objection qu’il élève ? Établir les procédés , les conditions

KANT. 421 denotrenature intérieure, c’est au fond juger l'esprit de l'homme par l'esprit de l’homme, et conséquemment la question par la question. Bien plus, délimiter nos connaissances , dire : « Nous savons jusque « là, plus loin l'inconnu commence » ; n'est-ce pas raisonner des choses sur sa propre parole ? N'est-ce pas se placer au-dessus de nos connaissances pour les constater, et se faire juge du moi ? N'est-ce pas enfin affecter quelque science de l'absolu ?

Dira-t-on que tout cela est science subjective , et que le moi est juge légitime du moi ; je demanderai de quel droit; la dialectique peut contester tous les titres de cette autorité prétendue. L’'illusion n’est pas moins possible entre le moi sujet et le moi objet, qu'entre le moi et le non-moi. L'erreur n’est jamais hors de cause, et l'homme n’est jamais infaillible. Bien plus, le moi s’observant lui-même, l'esprit étudiant ses données avec ses données, la raison tout à la fois juge, témoin, accusé , est quelque chose d'aussi suspect , d'aussi irrégulier pour la logique absolue, que l'intelligence spectatricede l’extérieur. Du moins est-il assez difficile, par le simple raisonnement, de justifier cette réflexion du moi sur lui-même , d’en donner une autre raison que le fait, et l’objection la plus commune contre la métaphysique porte justement sur ce point, qu’elle est une science où il n’y a pas de distinction entre l'observateur et la chose observée , entre la science et le savant, et que, supposant la faculté de s’étudier soimême, elle roule tout entière dans un cercle vicieux; science étrange ; science absurde , nous dit-on , qui

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prend pour point de départ une question insoluble*?. Point de réponse logique à cet argument du scepticisme logique, et c’est au fond l'argument que Kant lui-même adresse à nos connaissances objectives. Je sais qu’il répondra qu’il ne s’agit pas de logique, mais d'observation. Il dira, non sans motif, qu'il ne faut point argumenter , mais constater, que la réflexion du moi sur le moi est un fait, et qu'ici la conscience doit être opposée au raisonnement, je l'accorde; mais alors il faut qu’à son tour il accorde davantage. Le sens intime, qu’on appelle conscience, ne reconnaît pas des bornes aussi étroites que celles qu’il lui a posées, Si la conscience est certaine en fait, cette autre conscience, qui est la raison même ou l'intuition de l’évidence, s’attache avec une force égale aux idées nécessaires et aux inductions immédiates qui découlent soit de ces idées, soit des intuitions sensibles, au risque de les concevoir objectivement. Kant admet que la raison les

* Bornons-nous à une seule citation. On n’a peut-être dans ces derniers temps rien écrit sur les généralités des sciences physiques et mathématiques de plus remarquable que les ouvrages peu connus de M. Auguste Comte, qui s’est efforcé d’ériger ces généralités en philosophie unique sous le nom de philosophie positive. Ov voici

“une pensée qu’il exprime et qui lui est commune avec plus d’un physicien : « Cette prétendue contemplation directe de l'esprit par lui- « même est une pure illusion... Ilest sensible en effet, que par une « nécessité invincible, l'esprit humain peut observer directement « tous les étonne. excepté les siens propres. Car par qui serait « faite l'observation ?.. L'individu pensant ne saurait se partager en « deux dont l’un raisonnerait, tandis que l'autre regarderait rai- « sonner. L’organe observé et rss observateur étant dans ce cas « identiques , comment l’observation pourrait-elle avoir lieu » (Cours de philosophie positive , I lecon.}

KANT- 428 croit ; les croire, c’est les tenir pour réelles. S'il le nie, il nie un fait intérieur, équivalant en autorité au fait de conscience. S'il le nie, il ne le fait qu’en vertu d’un raisonnement; et la preuve que, malgré lui, c'estsur la logique qu’il s’appuie, c'est qu'il demande à la connaissance objective ses preuves. Pourquoi donc n’en demande-t-il pas autant à la connaissance subjective ? Elle ne serait pas moins embarrassée de les fournir. C’est exiger trop ou trop peu. Veut-on argumenter, il n’y a pas plus d’argument en faveur de la compétence du moi à l'égard du moi, que de sa juridiction sur le non-moi. Observe-t-on , il y a ici de chaque côté des faits d’égale valeur; la conscience, la perception, la sensation en elle-même et la sensation vue dans sa cause, le consentement de la raison à ses propres principes et la sécurité avec laquelle elle les tient pour vrais d’une manière absolue , sont des faits pareillement, et je ne vois pas bien pourquoi tel de ces faits aurait le privilége de n’être pas contrôlé par la dialectique, tandis que tel autre lui serait entièrement abandonné. Kant qui a reconnu avec tant de sagacité, qui a établi d'une manière si neuve et si forte, que nous avons des idées a priori, que nous formons a priori des jugements, devait plus que tout autre se souvenir qu'il y a des choses dont la conscience interdit à la logique de demander la preuve; il devait suivre avec plus de confiance le principe qu'il avait posé. Du moment qu'il y a quelque chose a priori, l’objection de la question jugée par la question tombe , ou du moins n’est plus universellement recevable. ne

Au fond l’objection , incontestable logiquement , est sans valeur. Il faut la connaître, l’admettre même, et puis n’en tenir aucun compte. Oui , il y a des connaissances a priori, et cependant l’homme est a posteriori ; car il est donné. La raison est de sa nature inconditionnelle, ou du moins tend constamment à l'être, et cependant elle est la raison humaine, partant relative au sujet raisonnable. L'homme en toute chose est ensemble un élément du problème et le géomètre qui doit le résoudre. Une pétition de principe est donc le point de départ de toutes nos connaissances. L'esprit humain est une pétition de principe ; c’est un point indéniable; il a fait toute la fortune du scepticisme. Il faut le savoir et passer outre.

Pourquoi en effet nous arréterait-il , et jetterait:il du doute sur nos croyances philosophiques? Il faudrait alors qu’il ébranlât nos croyances de tout genre. Le pyrrhonisme insensé serait le terme obligé de toute réflexion. Or il n’y a personne qui cède dans tous les cas à l’objection du pyrrhonisme ; il n'y a personne qui ne soit tôt ou tard obligé de la fouler aux pieds. Je ne parle pas de la pratique de la vie; il est trop clair que nul ne se gouverne par le doute. Mais dans la spéculation même, il n’y a pas de sceptique universel. Le pyrrhonisme, ce dernier terme du scepticisme, articule son peut-étre, for-. mule sa pensée, et sacrifie à la raison au moment qu’il la blasphème. Toute science , tout système implique la logique, et lui reconnaît ainsi une valeur : absolue. Celui qui place en regard l’une de l’autre deux séries d'arguments contraires et en conclut

KANT:. 425 l'incertitude , celui-là affirme le principe de contradiction, et donne cette affirmation pour base au doute qu'il établit. Ce n’est pas tout : on s’accorde en général à reconnaître la certitude des mathématiques ; les géomètres, si facilement sceptiques à l'égard des sciences morales , même des sciences naturelles ; aiment à se croire en possession exclusive de la certitude, et le moindre doute relativement à la géométrie leur fait pitié. La certitude des mathématiques n’est pourtant attestée que par l'esprit: humain. C’est une science a priori, mais subjective comme toute science , plus même que toute science ; car l'expérience n’est accueillie par elle que comme une auxiliaire.

Voilà des connaissances contre lesquelles on ne s'avise guère d'élever la fin de non-recevoir du scepticisme. Kant en compte d’autres encore, puisqu’il admet tant d'éléments a priori dans l'esprit humain, et qu’il assimile la science transcendantale aux mathématiques. Or, il n’y a nulle preuve absolue que l’homme s’observe comme il est, et que les certitudes logiques , mathématiques et transcendantales, soient pour lui ce qu'il lui paraît qu'elles sont; il est suspect dans sa propre cause. La dialectique ne peut fournir aucune démonstration à l’appui de ce qu'il en dit et de ce qu'il en croit. On est réduit à alléguer la conscience intime et la raison pure. ds end Ainsi donc il y a pour tout le monde des cas où l'argument fondamental du scepticisme est imadmissible, où l'esprit humain le regarde comme nul et

non avenu. Il y a des choses certaines sans preuves ;

elles n’ont pas besoin de preuves, précisément parce qu'elles sont certaines. La raison se cautionne ellemême. Seulement il faut bien distinguer les questions logiques et celles qui ne le sont pas, les vérités qui sont évidentes indépendamment de la dialectique et celles qui ont besoin d’être déduites. C’est un compte à faire, Mais rien n'indique que ni les croyances fondées sur la perception, ni même les anticipations de la raison pure, soient de ces opinions qui exigent un point d'appui pris hors de l’homme ; et comme ce point d'appui est, dans tous les cas, impossible à trouver en ce monde, il faut s'en passer et procéder comme si de rien n’était. Quiconque n’est pas décidé à tenir pen de compte de cette lacune, n’a plus rien à faire qu’à se jeter à l’eau. La mort est le seul remède au scepticisme universel et conséquent.

Nous pensons donc que la certitude s'étend plus loin que ne l’a jugé Kant. De ses propres principes , elle sortait plus entière et plus vaste. Il n’a pas achevé son ouvrage. En découvrant et en consolidant les principes a priori , il avait plus fait pour la certitude que qui que ce soit peut-être; il avait porté plus d’atteintes au scepticisme, qu'il ne lui a fait plus tard de concessions. Il a reculé lui-même dans le chemin qu’il venait d'ouvrir; mais l’inventeur ne cesse pas d’être inventeur pour avoir méconnu les conséquences et la portée de ce qu'il a fait. L'immortelle gloire n’est pas d’avoir mesuré la grandeur du Nouveau-Monde, mais fe l'avoir découvert,

La philosophie de Kant nous paraît l'effort le plus

KANE, 427 heureux et le plus hardi de la méthode psychologique, et quoique son auteur eût répudié un pareil éloge, nous sommes obligé de le lui donner, de le classer parmi les continuateurs de Descartes, et de voir dans son système le corollaire extrême et le commentaire original de l’immortel Je pense du philosophe français. Il est évident que c’est du moi intérieur, que c’est de la conscience des phénomènes de la pensée, attestant ainsi indirectement ses lois à la raison, que Kant a pris son point de vue, et moins que personne au monde il a suivi les philosophés anciens qui recherchaient directement la nature des choses. Seulement, il a plongé un regard plus profond dans l’intérieur du moi, et il y a découvert la philosophie critique. Nul n'avait, avec plus de douleur, constaté l'instabilité trompeuse des systèmes métaphysiques. Vainement, en effet, s’était-on efforcé de soumettre la philosophie qu'avec Aristote ilappelle théorétique, aux formes de lascience. Lorsque la science voulait être spéculative, elle ne rendait pas raison de l'expérience; lorsqu'elle n'avait d’autre ambition que d’être expérimentale, elle ne réussissait à fonder aucun principe. Dogmatique à l’un ou à l’autre de ces titres, elle succombait sous les coups de la méthode sceptique. Il ne restait donc plus à essayer que la méthode critique; c'est-àdire que, pour arriver à de vraies connaissances, il ne restait plus qu’à chercher la théorie de la connaissance. C'était évidemment le seul moyen d’en trouver la limite et la valeur, et de dissiper les illusions qui engendrent l'erreur , comme l'étude des moyens

par lesquels s'opère la vision À travers une atmosphère lumineuse, fait connaître pourquoi la lune paraît plus grande lorsqu'elle sort immédiatement de la ligne de l'horizon qu’au moment où elle parvient au point le plus élevé de sa course. Kant a été frappé d’un grand exemple. Malgré tant de belles observations, de patients calculs, d’explications ingénieuses, la science astronomique, riche de faits constatés et de lois démontrées, n’était pas arrivée, avant Copernic, à la connaissance définitive du système du monde. Le doute planait encore sur le fond de la science , et les théories les plus spécieuses se renversaient les unes sur les autres. La pensée vint à un homme, que tout était découvert si le point de vue seulement était changé. Vous cherchez comment le soleil et la sphère céleste tournent autour de la terre; cherchez, dit-il, comment la terre tourne avec le système dont elle fait partie autour du soleil. Et aussitôt par cet unique changement, tout devint clair, facile, démontré. Le monde fut connu. Les découvertes de tant de siècles, compromises par une fausse hypothèse, devinrent les plus lumineuses vérités. L’astronomie engendra le système de l’univers. Ge n’est pas moins qu’une révolution semblable que Kant a tentée dans la philosophie. La science , a-t-il dit, est en possession d’une foule d'observations curieuses et de principes persuasifs ; et cependant elle ne peut donner à l’ensemble la solidité et l'harmonie. Vous cherchez la connaissance dans le connu, cherchez-la dans le connaissant. C’est à lui qu’appartiennent les

: KANT: 429 lois qu'il impose et que vous croyez qu’il reçoit. Il est le centre du système, et au lieu'de faire tourner l’homme autour du monde, faites tourner ce grand phénomène de la réalité autour de l’astre de la raison. Tout changera peut-être ; l'évidence et la certitade, l’ordre et la stabilité se rétabliront dans le système entier. Le modeste et paisible Kant aspirait donc à être le Copernic de la philosophie. Telle est la pensée suprême de la science critique. Elle cherche la vérité dans la raison, seule vérité connue immédiatement de la raison même. On peut dire d’une manière générale, que la raison ne contient que des idées, car tout ce qui se pense indépendamment de l'expérience, est rigoureusement idéal. Toute science pure est donc science des idées. Or, les idées en ce sens se divisent en deux classes, celles qui peuvent être construites et celles qui ne peuvent pas l'être. Les premières, idées de quantité qui peuvent être exposées par des figures, sont de leur nature intuitives , objet des sciences mathématiques. Les secondes, idées de qualité qui ne peuvent qu'étre déduites, sont de leur nature discursives, objet des sciences philosophiques. La science transcendantale qui les juge en elles-mêmes, hors de toute réalité d'application, a pour tout objet réel l'idéal contenu dans la raison, et c’est pour cela que tout en ayant des faits pour fondements, elle a pu recevoir de son auteur lui-même le nom d’un idéalisme critique. Maintenant critique et sceptique sont-ils synonymes , et l'idéalisme critique est-il la négaton de la science et de la réalité? Non, il est la Imitation de la science et l’abstraction de la réalité,

comme l’est également la géométrie pure pour toute

la sphère de connaissances qu’elle remplit.

Telle est l’idée la plus juste que nous puissions

donner de la philosophie de Kant. Nous n’ajoute-

rons rien; il nous semble que la décrire ainsi, c’est

la juger. ; |

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