‹ Essais de philosophie critiqueChapitre 5 sur 20 · XIV DÉDICACE · texte numérisé non relu

XIV DÉDICACE

(l'Holbach 9 les Diderot d*une part ^ les de Bônald, les Lamennais , les de Maistre de l'autre, le trouvaient toujours plein d'égards et d'aroénité. Était'-'ûe simple politesse académique? nullement. Il suffit de lire sa polémique pour voir que la politesse n'a ni ce ton ni cet accent. C'est qu'il en est de la tolérance de M. Damiron comme de ses autres vertus. Il était tolérant à sa manière et selon sa nature, c'est-à-dirë qu'il l'était encore plus par le cœur que par l'esprit. Dans sa critique, il lui était impossible dé séparer entièrement l'homme du philosophe. Quand donc ces philosophes de l'encyclopédie ou de l'Église se trouvaient être d'excellents ou de nobles caractères, M. Damiron ne pouvait s'empêcher de se prendre d'amitié pour eux. Et alors il lui arrivait co qui arrive à tous ceux qui aiment. Il cherchait, et combien il était heureux de découvrir, à côté des erreurs qu'il lui fallait signaler et condamner, des vérités, des aperçus, des observations, des sentiments, des mouvements qu'il notait avec bonheur, sans triompher de la contradiction qui sem* blait en résulter. C'est là ce qui fait, non pas seulement l'intérêt (tous les mémoires publiés par lui ont ce caractère i un haut degré), mais le charme particulier, mais l'originalité des études sur Spinosa, sur Helvétius, sur d'Holbach, sur Diderot* D'autres critiques, à l'esprit sinon plus large, du moins plus souple, ont pu traiter avec plus de complaisance ces philosophes du xviii' siècle. Nul n'a aussi bien vu, aussi bien montré la bonté, la générosité, la foi ardente, l'abnégation personnelle de ces singuliers apôtres^ sous la pauvreté, la légèreté, et parfois l'immoralité des doctrines. Aujour* d'hui, on parle d'or sur toutes choses; le plus pur spiritua* lisme coule de toutes les lèvres. J'aime à croire qu'il est aussi au fond des cœurs; mais j'en voudrais voir les effets

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